‹ La pomone françaiseChapitre 43 sur 76 · DES PÊCHERS HÂTÉS OU FORCÉS · texte numérisé non relu

DES PÊCHERS HÂTÉS OU FORCÉS

Il 7 a peu d'avantage à forcer le pécher, mais il y en a beaucoup à le hâter : on est plus assuré des récoltes , et les ' arbres y loin d'être fatigués, se rétablissent et acquièrent même plus de vigueur, lorsqu'ils se trouvent seulement hâtés, étant à l'abri de la température variable de nos prin^ temps , qui détruit trop souvent les récoltes et même les arbres, dont la végétation, se trouvant interrompue par le passage subit du chaud au froid, cause presque toutes les maladies qui affectent le pêcher, surtout celles qui se déclarent à Vextrémité des jeunes pousses , telles que la cloque, et par suite la gomme et autres maladies. On hâtera donc la végétation des jeunes pêchers que l'on veut former pour être assuré du succès, aussi bien que la végétation de ceux tout formés dont on veut obtenir des récoltes hâtives et abondantes.

Les espèces â hâter ou à forcer sont celles qui sont naturellement hâtives ou qui produisent abondamment. On aura dû, lors de la plantation, prévoir l'usage éventuel des vitraux mobiles devant l'espalier, et ne point mélanger les espèces tardives avec celles qui sont hâtives.

On placera devant l'espalier, vers les premiers jours de janvier, des châssis mobiles établis comme ceux dont nous avons déjà donné les dimensions pour hâter la vigne. On construira un fourneau en dehors, et l'on fera circurer

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des tayauT de chaleur sur le Seyant de cette. serre. On pourra placer sur le devant deux rangées de pots contenant des fraisiers y et^ plus en arrière y un rang de cerisiers ou de pruniers en pois.

On ne commencera à faire de feu pour mettre les plantes en végétation qu'après que les arbres auront été taillés. La température obtenue par le feu sera maintenue entre dix à douze degrés (de Béaumur) ; celle qui est produite par le verre et le soleil, quoique plus élevée, ne pourra jamais 6tre nuisible , parce qu'elle permettra de donner beaucoup d'air, qui concourt à fortifier les plantes. Bien entendu que la serre sera ombrée lorsque cela sera nécessaire.

Avant la floraison , on suspendra des fioles emmiellées au treillage , afin de prendre les fourmis > qui détruiraient beaucoup de fleurs. Après la floraison , on répandra de l'eau en pluie très légère sur les arbres avec la pompe à main ; cette eau sera à la température de la serre. Il est à propos d'observer que les fruits noués grossissent d'abord assez promptement , et qu'ils sont ensuite stationnaires jusqu'à la formation du noyau. A cette époque, critique, beaucoup de fruits se fanent et tombent; ceux qui résistent grossissent très visiblement. (Test alors que Ton doit supprimer tous ceux qui sont trop nombreux, mal placés ou trop rapprochés, et surtout ceux qui nuiraient au développement du bourgeon de remplacement ; on doit toujourssacrifier le fruit à la prospérité de ce bourgeon, qui attire la sève dans les membres, les maintient toujours garnis , et perpétue l'abondance d^s récoltes. On fera en sorte que Tarbre soit modérément et également garni de fruits dans toutes ses parties , à moin» qu'on n^ait intérêt d'amoindrir la vigueur d'un membre : dans ce cas on lui laissera une plus grande quantité de fruits à nourrir; on ne saurait trop recommander aux j.ardiniers de ne pas abuser des dispositions que les pècbers dont la végétation est ainsi bâtée ont à retenir beaucoup de fruits , parce

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qu'il arriverait qae ces fruits seraient moins beaux, moins savoureux , et que les arbres s'épuiseraient très promptement.

Les bourgeons seront pinces , ëbourgeonnës et palissés souvent , et avec plus de soins que s'ils étaient en plein air. On veillera à ce que les pucerons n'attaquent pas l'extrémité des bourgeons; il faudra , au moindre indice de leur apparition , les foire disparaître avec la fumée de tabac, que Ton dirige à Talde d'un soufflet et d'un appareil disposés pour cet objet. Le tuyau conducteur de la fumée doit avoir une certaine longueur pour que la fumée n'arrive pas trop cbaude sur l'extrémité des bourgeons. On renouvellera ces fumigations aussi souvent qu'il sera nécessaire; autrement les pucerons, favorisés par la température delà serre, se multiplieraient tellement, que la végétalion des pêchers serait arrêtée par l'extrémité des branches , ce qui leur porterait un préjudice considérable.

A la fin de juin ou dans les premiers jours de juillet, on arrosera le pied des arbres afin de favoriser la formation des boutons qui devront fleurir l'année suivante. On arrosera aussi les feuilles avec la pompe à main» On donnera de l'air aussi souvent qu'on le pourra afin d'éviter que les jeunes pousses ne s'étiolent ainsi que les fruits; c'est à l'air libre que ceux-ci doivent acquérir le dernier degré de grosseur et de maturité. Une partie des châssis aura dû être enlevée avant cette époque.

Lorsque les fruits auront atteint toute leur grosseur, on détournera ou l'on supprimera les feuilles qui les couvrent , afin de leur faire prendre de la couleur.

On pourra tous les ans placer les châssis devant l'espalier pour hâter les mêmes arbres , qui, loin d'être fatigués dans leur végétation, n'en deviennent que plus vigoureux. On accordera une ou deux années de repos aux pêchers qui auront été forcés sous bâches ou dans la serre chaude.

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