‹ La pomone françaiseChapitre 44 sur 76 · DU PÉCHER A PLEIN VENT · texte numérisé non relu

DU PÉCHER A PLEIN VENT

Le pécher à plein vent franc de pied croit assez bien dans les vignes aux environs de Paris, à Gorbeil, Brie, Melun, Tboniery, etc. Ces pêchers, venus de noyaux, ont sur ceux greffés l'avantage de pousser quelquefois de fiouveaux bourgeons sur les vieilles branches, ce qui les renou* vèlle et prolonge leur existence. Plusieurs de ceux que j'ai visités dans les vignes des pays cités m'ont paru être âgés de trente à trente-cinq ans. Ces arbres, abandonnés à la nature, ont un port peu agréable ; mais au moment où ils sont en fleur ils forment un bel ornement pour les campagnes où ils se trouvent multipliés.

Leurs fruits sont plus tardifs que ceux de la même espèce qui sont plantés en espalier ; ils sont aussi plus petits , plus acides, et ils ont un goût acerbe que l'on retrouve toujours » même dans les variétés qui, par leur couleur et leur grosseur, sembleraient annoncer qu'elles sont déjà perfectionnées.

Les pêchers greffés dans les pépinières et replantés ne réussissent point en plein vent et périssent promptement. Les variations subites de l'atmosphère au printemps, dans notre climat , suspendent la végétation de ces arbres et leur font éprouver des dommages irréparables.

On a quelques raisons de penser que des pêchers venus de noyaux greffés sûr place résisteraient mieux et pourraient donner des résultats avantageux s'ils étaient, chaque année , taillés et concentrés avec art , et surtout si l'on avait le soin de choisir des espèces qui ne fussent ni trop hâtives ni trop tardives. Il serait à propos, pour gagner des variétés , de ne greffer les pêchers à plein vent que lorsqu'ils auraient produit leur fruit naturel. En général , les pèches tendres, à peau une , ne réussissent jamais aussi bien qu'en espalier, même dans les climats les plus favorables*

IiA POVORB FRARt AISB. tIS

Page 1