‹ La pomone françaiseChapitre 45 sur 76 · TRAITEMENT DES PÊCHERS DÉTÉRIORÉS · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DES PÊCHERS DÉTÉRIORÉS

Les personnes qui se sont pénétrées des principes développés dans le cours de cet ouvrage trouveront qu'il est superflu de donner un article détaillé pour la manière de gouverner des pêchers détériorés par Tige ou les OMiuvais traitements; aussi nous bornerons-nous & dire sommairement qu'il faut commencer de bonne heure la taille de ces sortes d'iurbres, les ménager^ les déchaîner de tout le bois bible et inutile; supprimer successivement les anciennes pousses usées, en les remplaçant par de nouvelles ; accueillir et favoriser les gourmands bien placés qui se présenteraient» et dont <NEi pourrait tirer parti pour renouveler l'arbre. Dans ce cas, on rognera ces gourmands aussitôt qu'ils auront atteint de 7S centimètres à 1 mètre de longueur, afin de faire grossir les yeux du bas; autrement ces yeux s'obfitéreraient, et le nouvel arbre serait déjà dénudé i sa base ; on ébourgeoimera rigoureusement , afin de donner plus de force aux bourgeons restants, et d'avoir peu de suppressions à faire lors de la taille ; enfin on les palissera plus tard , et on écliiircira les fruits de manière à n'en laisser qu'une quantité proportionnée à l'âge et à la vigueur de l'arbre : on couvrira de fumier la teire qui environne les racines de ces arbres » sans offenser les racines*

Au reste, de Jeunes pêchers bien conduits croissent et s'étendent assez promptement pour qu'il soit presque toujours plus avantageux et plus satisfaisant de replanter & neuf que de restaurer d'anciens pêchers trop afftdbtis, qui exigeraient de 1^ part du jardinier beaucoup d'expérience et de connaissances acquises. On doit dire cependant que de vieux pêchers qui conservent encore quelque vigueur donnent de meilleurs et de plus beaux fruits que les jeunes, quoique en moindre quantité.

On a lieu d'être très étonné qu'un cultivateur né & Mon-

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treuil, H. Lepère, indique (p&ge.91) comme moyen de rajeunir le pêcher de rabattre les deux ailes de Tarbre un peu au dessus du tronc formé par la greffe. Ce refoulement de la sève , ajoute-t4l, fera sortir quelques yeux sur la partie conservée, etc. On ne .conçoit pas qu'un cultivateur qui connaît aussi bien la nature du pêcher puisse «donner un tel conseil , qui causerait immanquablement la perte totale de l'arbre s'il était suivi. C'est pour éviter cette perte à nos lecteurs que nous relevons une erreur d'autant plus dangereuse qu'elle est propagée par un cultivateur dont i'babileté est reconnue pour très bien rétablir des pêchers qui ont été mal dirigés , mais qui ont encore de la vigueur.

Touâ les cultivateurs savent qu'il n'en est pas du pêcher comme des autres arbres, qu'il suffit de rabattre sur le vieux bois pour obtenir de nouvelles pousses ; ce n'est que très rarement qu'il sort des pousses de la vieille écorce des pêchers greffés qui ont été annuellement taillés ; et lorsque cela a Heu, ce n'est pas parce qu'on les aura rabattus sur le tronc. Il arrive , lorsque les pêchers sont usés, qu'il sort un ou plusieurs jets sur le sauvageon ; dans ce cas , on favorise «es jets, on les greffe, et un seul peut suffire pour établir un nouvel arbre.

Il ne sera pas hors de propos de faire remarquer ici qu'il n'existe de bourgeons que là où il y a un germe ou un œil. Il n'est pas étonnant que le poirier, le pommier, et autres arbres qui sont munis d'yeux et d'une multitude de sous« yeux y qui d'abord n'ouvrent point , finissent par être recouverts par les écorces. Ces germes, ainsi enveloppés, restent engourdis jusqu'à ce que la sève , manquant de sortie , vienne , par un brusque mouvement , réveiller ces germes, qui alors se font jour au travers de l'écorce , et produisent des bourgeons d'autant plus vigoureux qu'ils sont les seuls, dans un arbre recépé, à recevoir une sève abondante par excès.

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Quoique te pikcher n'ait point de sous-yeux , et que tous les yeux ouvrent à la fois^ il peut arriver, dans un pécher ▼enu de semence qui poussé vivement , que quelques yeux soient recouverts par les ëcorces avant qu'ils aient pu commencer à se développer ; mais , dans un pécher gfreffë dont en rabat la gfreffe toujours très près de son ioserllon , il ne peut rester d'yeux qui n'ouvrent point , puisque c'est la tendance naturelle de la plante , et qu'on l'y force encore par une taille très courte.

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