DES MURS ET DE LEURS EXPOSITIONS
L'exposition la plus favorable pour le pécher, dans le climat de Paris , est le levant et le midi. On se sert encore de celle du couchant dans les terrains chauds et légers ; mais
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celle da nord doit être réservée pour d'aulres productions. Pour établir un nouvel espalier, on choisira de préférence un sol élevé et en pente , et l'on y fera construire des murs parallèles à 10 on 12 mètres Tun^de l'autre. Si on les expose au levant , il seront disposés de manière à recevoir le soleil depuis s<m lever jusqu'à midi et demi, afin que le côté du couchant offre encore une exposition favorable. Les murs au midi devront être frappés par le soleil , en été , jusqu'à quatre heures du soir seulement , lorsqu'on voudra laisser aux murs du nord assez d'avantages pour en pouvoir tirer un bon parti , soit en poiriers, soit en autres arbres.
La hauteur des nrors sera de 2 mètres 80 centimètres à 3 mètres, et ils seront recouverts d'un chaperon en tuile , offrant une saillie de 25 à 28 cent. Les habitants de Montreuil construisent leurs chaperons en plâtre avec une saillie de 11 centim. seulement ; mais j'ai eu lieu de me convaincre qu'une forte saillie au dessus des pêchers abrite les fruits et facilite les moyens de maintenir la sève dans la partie infé7 rieure des arbres , en même temps qu'elle les garantit de beaucoup d'incx>nvénients.
Les cultivateurs de Montreuil avaient l'habitude de faire sceller sous les chaperons, et de mètre en mètre, des bâtons de SO centim. de saillie et un peu en pente, destinés à recevoir des paillassons, qu'ils plaçaient*au mois de février pour les laisser jusque vers la fin de mai (1). Maintenant ils n'en font presque plus usage, parce qu'ils ont remarqué que les arbres au dessus desquels on continuait de les étendre étaient
{i) La eonstnicUon de ces paillawons est simple ? ce sont des espèees de claies fonnées avec des ganlettes entre lesquelles on met de la paille ; leur largear est égale h la saillie des bâtons, et leur longueur est d^un peu plus de 2 mètres, afin qu^ils puissent porter chacun sur trois bâtons , auquels on les fixe avec des brins d'^osier. Ces paillassons doivent être peu épais,
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^u printemps plus attaqués du vero que les autres. Il paraîtrait en effet que l'abri qu'ils offrent favorise la propagation et le développement des insectes , qui sont 1res multipliés dans un pays où les murs sont si rapprochés; mais comme les particuliers dont les jardins sont isolés ne doivent pas craindre ces inconvénients , je conseille l'usage des paillassons, surtout aux murs du couchant et du midi.
Dans les pays où le plâtre est commun , on Tera sur les murs un enduit de 34 millimétrés d'épaisseur, afin qu'en palissant à la loque, les clous puissent avoir assez de solidité. Les Hontreuillois ne font crépir leurs murs neufs qu'à mesure que les pêchers prennent de l'étendue. Ils donnent pour raison que la mise de fonds se trouve alors divisée par année , et que les produits viennent les aider successivement à cette dépense ; d'ailleurs , ils ont observé que les clous tiennent beaucoup mieux dans le plâtre neuf, et que pour attendre le crépissage les murs n'en sont pas moins solides (1).
Si les murs sont à chaux et sable , les joints doivent être soigneusement faits. Lorsque les murs sont vieux, et qu'on veut procéder à une nouvelle plantation , il faut absolument enlever le treillage et faire recrépir ou blanchir de manière à ne point laisser de retraite aux insectes, et détruire ceux qui y sont attachés, ainsi qu'au treillage. S'il restait quelques vieux arbres qu'on ne voulût point arracher, il faudrait , à l'entrée de l'hiver, les enduire avec du lait de chaux pour faire périr les tigres , les kermès, etc. , dont presque toujours ces arbres anciens et négligés sont
(1) Les Montrenillois construisent leurs murs arec des pierres tendres et la terre du foTssé. lis mettent, de 65 en 65 centimètres ( suivant la hauteur), une couche horizontale de plâtre , et, de 2 en 2 mètres (suivant la longueur) , une chaîne verticale d'un mètre do largeur, maçonnée en plâtre.
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Hifestéâ, et qui ne manqueraient pas de se {Hropager sur les Jeunes,
Les mus de terrassés , en général, ne sont pas propres an pécher, parce qu'ib sont toujours placés dans un terrain bas oà la plantation manque d'air, et que leur pied est imprégné d'une humidité constttite , très nuisible aux racines du pécher j quelquefois leur partie supérieure même est humide ou fridche ; et dans ce cas les branches qu'on y palisserait ne tarderaient pas à en être affectées* Les murs de terrasses ont d'ailleurs un talus qui rend nul l'efbt de la sûllie des chaperons.
On pourrait, en eonsf misant des murs neuft, ménager au devant de l'emplacement de chaque arbre un évide^ ment en voûte dans la fondation. Ce moyen , employé dans les terrains secs surtout, donnerait de la facilité aux racines pour s'étendre des deux côtés du mur. Je n'ai point fait cet essai ; mais ce qui m'a suggéré l'idée de le conseiller, c'est qu'ayant vu dans un stA peu riche des pêchers continuer de pousser avec une grande vigueur, j'ai reconnu qu'il fallait l'attribuer à ce que les racines de ces arbres avaient passé au travers du mur, dont le mortier n'était fait qu'avee la terre du fossé, et qu'elles étaient presque aussi nombreuses d'un cAté que de l'autre. Au reste, il ne faudrait pas que les arcades dont il s'agit s'élevassent au dessus du soi , parce qu'elles établiraient des courants d'air très préjudiciables à la végétation des arbres.
Nous avons eu l'occasion de voir un mur de détufe dont la construction bien entendue et économique n'est pas un obstacle à la végétation des arbres qui y sont appuyés ; au contraire , elle la favorise.
La fondation de ce mur est la même que celle des autres murs; elle s'élève jusqu'à 23 centimètres au dessus du sol. Sur cette fondation on pose une caisse ou un moule en bois sans fond, que Vim remplit de plâtras, de grayois et de moel-
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Ions tendres, TBngés grossièrement j puis on conle sor la caisse da plâtre qui s'insinue dans tous les yides , ce qui forme un tout compacte. On monte ainsi le mur par partie , en le réduisant d'épaisseur, de manière à ce qu'il n'ait que 22 centimètres au sommet , que l'on termine par Une ou deux pentes, sui?4mt que le chaperon doit avoir un ou deux égouts ; on couvre les pentes de tuiles, que l'on fait sullir autant qu'on le peut. Si le chaperon a deux pentes, on place à leur sommet une fattière. Le mètre courant d'un mur ainsi construit, élevé à 2 m. 65 centimètres de hauteur, coûte dei 6fr.50à7fr.
N#us espérons que la construction eoHde et économique de ces murs déterminera peut-être les arcliitectes à faire dea murs de jardins utiles à la culture.