NÉCESSITÉ D'UNE FORTE SAILLIE AUX CHAPERONS
Il est bien certain que les Montreuillois doivent à la qaa-» lité de leur terrain et à la disposition de leurs murs l'avantage d'obtenir tous les ans d'abondantes récoltes ; cependant, à l'époque où J'écris, les murs de presque tous les jardins des environs de Paris, et ceux même des potagers du roi , manquent de l'abri conservateur qui couronne les murs de Montreuil ; aussi les espaliers n'y donnent-ils point de récolte régulière : les produits sont subordonnés aux plna légères intempéries du printemps, etuuQ seule nuit suffit pour détruire les plus riches apparences»
Les architectes et les maîtres maçons qui se chargent de faire bâtir des murs de jardins ignorent en général ce qui convient à la prospérité des cultures pour lesquelles ces mura sont élevés ^ la saillie qu'ils donnent aux chaperons est trop faible, et devient, par cette raison, plus préjudiciable qu'u« tile. En effet, lorsque le chaperon n'a que 4 à S Centimètres de saillie , l'eau qui en découle par les faux dégels tombe
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sur les branches ainsi qoe sur les boutons , s^ gUe de noii« veau f et fait un tort considérable , dont on reconnaît tonte l'étendue lorsque la sève entre en mouvement; la gomme et les chancres se manifestent alors et entraînent bientét la perte totale des arbres. Ces inconvénients n'auraient jamais lieu , et les récoltes dépendraient beaucoup moins de Tirré* gularitë des saisons, si les murs étaient chaperonnés en tuiles avec une saiUie suffisante pour jeter les eaux un peu en avant eu pied des arbres. Avec cette addition , les murs et les treiU lages n'exigeraient pas autant d'entretien , et auraient une bien plus longue durée ; la sève tendrait moins à se porter aux extrémités, comme il arrive dans les jardins actuels» où l'on voit que toute la vigueur des pêchers se porte dans le haut de l'arbre^- en abandonnant le bas , qui se dé* garnit.
La saillie de 11 centimètres qu'on donne aux chaperons des murs de Montreuil ne me parait pas encore assez forte ^ ett je pense qu'elle devrait avoir de 28 & 30 centimètres pour les murs de 2 m. 65 centimètres à ^mètres. Je puis citer à l'appui de cette opinion un espaUer à Livry-le^ChAteau, près de Brie (Chanel, jardinier), qui a près de 1600 mètres de longueur, et dont les murs, de 2 m. 16 centimètres d'élé^ vation seulement, ont une saillie de 27 à 30 centimètres. Toute la surface de ces murs est parfaitement couverte , le bas aussi bien que le haut. Les branches infériewes sont si près de terre , que les pèches qu'elles portent seraient salies lors des pluies, si l'on n'avait la précaution de répandre de la litière sur le sol. Quant aux récoltes, elles sont chaque an» Bée aussi abondantes qu'assurées»
J'ayouterais à ces. chaperons un recrépissage en plâtre, qui ferait disparaître l'angle intérieur et les joints des tuiles en dessous , aOn d'ôter aux insectes tous moyens de re«> traite. Il y a déjà plus de vingtrciaq ans que nous avons fait coavaitre 4ïQmbiea il est de l'intérêt des propriétaires de
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faire ainsi cliaperonner les mors de leurs Jardins ^ cependant nous n'avons encore vn snirre ce conseil par personne, tant les améliorations en favear de la cniture ont de la peine à lutter contre les mauvaises et vicieuses routines.