QUI SB GOMHETTEIIT LE PLUS SOUVENT EN CULTIVANT LE PÊCHER
Toutes les fois qu'on ne sera pas allé dans les pépinières faire son choix avant la chute des feuilles , on seVa exposé à recevoir des arbres malades; et les personnes qui n'ont pas
LA POUDRE FlUK^AISB. tàl
Qiie longue expèrienee pourront admettre oonmeboiis des arbres ëcussoDnès trop bas, rebottës , établis sur deux bran* cbes, ou déjà dressés , déponrvm d'yeux prés du talon de la greffe , aial levés et offensés dans leurs racines ; celles même qui s'y connaissent le mieux pourront être trompées sur les espèces demandées, tpie le pé^mérisle remplace souvent par d'autres qui ne conviennent pas : j'ai vu un espalier d'une étendue asses considérable planté entièrement en grosse mignonne , quoique l'intention du propriétaire eût été de planter des espèces qui se succédassent dans leur ma« lurité.
Souveul les transports sont faits sans la précaution de ga« rantir les racines des liàles ou des gelées, et les tiges du frottement qui peut les entamer; enfin les arbres arrivés A leur destination ne sont pas mis asses promptement en jauge , ou le sont mal, ce qui est pire.
Quant à la plantation , il faut se garder de la faire par un temps humide, daiÉ» oneFterre mouinée, trop forte ou usée. Eu général , il ne faut jamais planter dans une terre qui n'a pas été défoncée , maniée et préparée pour l'espèce d'arbre qu'on veut lui confier. Il est assez commun de trouver des eqpaliers dont les arbres sont trop rapprochés les uns des antres, plantés trop près du mur, ou dont les racines sont ècourtées, mal distribuées et rassemblées en paquet, dont la greffe est enterrée , ou dont la tige se présente mal, parce ^e les yeux ne se trouvent point sur les côtés.
Les propriétaires ne devraient pas souffrir que les murs de leurs jardins fussent sans chaperons, mal entretenus, offrant des i^ris h tous les insectes, au lieu d'être rejointoyés , crépis et blanchis ; ils ne devraiost pas non plus permettre les cordons de vignes au dessua des arbres , ni la culture de gros légumes ou de pois hâtifs dans les plates-bandes des espaliers , ni enfin l'emploi de la bêche au lieu de la four-
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che plate et de la boue pour remuer la terre au pied ie$ arbres.
Beaucoup de jardiniers attachent peu ou même point d'importance aux irrégularités qui se font remarquer dans leurs jeunes arbres dès la première année de la plantation; il semblerait , & les entendre , qu'ils seront toujours à temps de les redresser; mais ils devraient se persuader que ce qui était facile la première année le sera moins la seconde, parce que les racines, dont le déyeloppement s'est proportionné i celui des branches de la pousse précédente, seront toutes, au renouvellement delà sève , disposées à continuer les mêmes effets , et qu'en s'y opposant alors on occasionnera une plus ou moins grande désorganisation dans le système général de l'arbre.
On taille presque toujours trop tard ; les jardiniers peu instruits tiennent généralement les branches à bois trop courtes et celles à fruit trop longues ; ils n'ont ni la prévoyance ni la précaution de favoriser le développement du boui^eon terminal des branches à bois et des bourgeons du talon qui doivent remplacer les branches fruitières lors de la taille ou immédiatement après la chute ou la cueille des fruits ; il y en a même qui n'ont point de plan de charpente arrêté : aussi les pêchers, entre leurs mains, sont-ils peu étendus et promptement dégarnis , surtout dans les parties inférieures et dans le centre de l'arbre. Ils s'empressent aussi de supprimer les gourmands ou les branches trop fortes, ce qui est une faute aussi grande que celle de les avoir laissés croître. On sentira toute l'énormité de cette faute si on veut comprendre que ces gourmands ont des couches ligneuses qui se prolongent au dessous de leur insertion ; que ces couches, n'étant plus alimentées, dépérissent, et font obstacle k la circulation de la sève , ce qui occasionne la gomme et fait naître ailleurs de nouveaux gourmands , que l'on supprimera
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sam^oote encore ; mais en «liant de suppression en suppression on altère bientôt les branches , et par conséquent le c(N*ps de Parbre y qni languit et dépérit promptement.
Il ftint, lorsqu'on n'a pu empêcher les gourmands de croître , ou plutôt lorsqu'on les tronve établis (car on peut toujours s'opposer à leur développement), ne pas y remé« dier par leur suppression , mais chercher à en tirer parti, comme on le fait à Hontreuil, en sacrifiant pour leur faire place des branches usées ou près de l'être. On pourra idnsi , en changeant la forme de l'art>re , réparer la faute , pourvu qu'on le gouverne ensuite de manière à prévenir la pousse de nouveaux gourmands. Il est à propos d'ajouter que les gourmands dont on veut se servir doivent être arrêta à une certaine hauteur, afin de faire gonfler les yeux du bas, qui , faute de cette précaution , s'annuleraient.
Les espaliers offrent trop souvent le spectacle de vieux arbres surchargés de fruits^ et qni n'ont pas été renouvelés par des gourmands lorsque l'occasion s'est présentée ; ou , s'ils Vont été , on n'a pas su empêcher les yeux du talon de s'oblitérer.
Aux fsutes capitales que l'on vient de signaler on peut lijouter celles que Ton commet dans l'opération de la taille lorsqu'elle est maladroitement faite, en laissant des onglets et des chicots , en donnant des coups de serpette sans égard au placement des yeux sur lesquels on taille, en ne rafraîchissant pas les traits de scie avec un instrument tranchant , en éclatant les branches, ou en employant des serpettes mal affilées, ou même le sécateur, comme à Montreuil, etc.
Le pincement est un acte de prévoyance que la plupart des jardiniers exécutent trop tard , ou même qu'Hs ne pratiquent pas ; alors ils sont forcés de rabattre successivement à moitié , au tiers, puis aux trois quarts de leur longueur, les bourgeons qu'ils ont laissés en pure perte devenir trop forts, ou gourmands^ d'autres tordent ces gourmands dans
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la vue, disent-ils, de les dompter; ou bien ils les édatent, enlèvent à leur base on anneau d'écorce y les fendent, les douent contre le mur ; j'en ai vu même qui étaient sciés à demiépaisseur. On conviendra que de telles violences ne peuvent remplacer une opération simple qui aurait détourné Je mal dès son origine ; aussi n'ont - elles d'autres résultats que d'amoindrir les récoltes et d'abréger la durée des arbres.
Si l'ébourgeonnement tardif est un vice , parce qu'il favorise le développement des branches inutiles et des gourmands aux dépens des bourgeons qui doivent rester; d'un autre côté, si Ton ébourgeonne à sec ou trop tôt un arbre qui déjà aurait été taillé trop court , les boui^eons restants deviendront trop forts, et perdront leurs qualités et proportions de branches à fruits. Dans tout autre cas, c'est-àdire si Ton a donné une taille proportionnée à la vigueur de la pousse précédente , on ne saurait ébourgeonner trop tôt , et les arbres, étant traités comme nous l'enseignons, perdront promptement une grande étendue en se couvrant de fruit.
L'opération de l'ébourgeonnement, quoique faite à temps, peut être vicieuse lorsqu'on supprime , sans distinction de force et de grosseur, les bourgeons du dessus comme ceux du dessous des branches, et qu'on ne conserve pas de préférence les bourgeons les plus forts en dessous et les plua feibles en dessus , à des distances à peu près égales et en alternant. On opère encore mal lorsqu'on retranche les bourgeons anticipés au ras du rameau, et qu'on enlève avec eux la feuille qui est à leur insertion.
Les jardiniers qui font un palissage tardif pour n'y plus revenir se privent d'un des plus puissants moyens pour maintenir ou rétablir Tégalité de force entre les branches correspondantes.
Un palissage mal fait offre des branches arquées au Heu d'être en ligne droite, des feuilles renfermée» dans lea liens,
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des osiers trop serras, qui , après avoir occasionné des bourrelets et des étranglements ,' finissent par être recoayerts par Técorce. Les jardiniers peu attentifs laissent les bourgeons s'engager derrière^le treillage , ce qui les prive de branches quelquefois très utiles à la forme de l'arbre; beaucoup de fruits sont souvent contrefaits parce qu'ils ont été contraints dans leur développement ; Fosier ou le jonc ne sont pas tou^ jours passés dans le sens indiqué par la position de la branche à attachety etc.
Il arrive aussi que les fruits sont trop t6t et trop promptement découverts , au lieu de Tètre graduellement ; alors ils durcissent et prennent de la couleur aux dépens de la qualité de la diair» qui n'est pas aussi fondante ni aussi sucrée. LeiB ouvriers que l'on ebai^ du soin de découvrir les fruits ne connaissent presque Jamids assez les fonctions Im^ portantes des feuilles par rapport au bouton ou i l'œil qui est i leur insertion ; aussi arrachent-Us ces feuilles , au lieu de les couper avec soin, en laissant le pétiole et tout ce qu'on peut conserver sans priver le fruit des rayons du soleil ; ils découvrent amsi à la fois tous les fruits d'un même arbre, ce qui occasionne une trop grande révolution dans l'arbre et fait mûrir ces fruits simultanément.
La pèche est souvent cueillie avant le moment de sa maturité , quoique pour s'en assurer on Tait quelquefois beaur coup trop maniée ; souvent aussi on eiieitte par l'buMiidité ou dans la chaleur du jour, ce qui tend à détériorer les ftnits.
Les Aimiers sont presque toujours enifouis trop verts et tr^ près desrackies. Au ten^ de In taille, on n'a pas assez d'égairds pour les arbres nouvcSIeuMit fumés ; on les tieit souvent aussi courts que de coutume , ce qpi produit de grftads désordres dans l'économie de œs arbres , à eaiHie de Texcès de vigueur dans la végétation , et des suppressions iHm prévues auxquelles elle donne. lieu.
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