‹ La pomone françaiseChapitre 56 sur 76 · DES MALADIES DU PÉCHER · texte numérisé non relu

DES MALADIES DU PÉCHER

Les pêchers , ainsi que tous les autres arbres, sont exposés à diverses maladies qui rendent leur végétation languissante, et abrègent la durée de leur existence. Les causes de ces maladies sont ou externes ou hitemes.Dansle premier cas, le jardinier soigneux et intelligent peut prévenir, détourner ou guérir le mal ; mais si elles sont internes et inhérentes au sujet , on ne peut que soulager celui-ci par des traitements

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appropriés à son état, sans parvenir Jamais à le guérir radicalement.

Les causes externes qui agissent sur le pécher sont les intempéries des saisons, les insectes, les autres animaux, ainsi que les mauvais traitements. Les moyens à employer pour détruire leurs effets sont exposés dans les articles précédents.

Quant aux causes internes, elles donnent lieu à quatre maladies graves, qui se propagent par les semis et la greffe. Ces maladies sont : le blanc, la gomme, la cloque et le rouge.

Du blanc. Le blanc , appelé vulgairement lèpre , est connu à Montreuil sous le nom de meunier j à cause de la couleur blancbàtre que contractent les feuilles, les rameaux et même les fruits des arbres qui en sont atteints. Quelques personnes veulent que cet effet soit dû à la production d'une matière cotonneuse qui empècbe la transpiration. En conséquence , l'abbé Rozier conseille de laver les feuilles et les rameaux attaqués, afin d'ouvrir les pores obstrués. Je ne blà* me point ce procédé ^ mais il ne détruit pas le mal, dont le principe est inhérent à l'individu.

Le blanc est une des maUdies les plus funestes aux arbres fruitiers; il se déclare en juin, juillet, août et septembre, et se manifeste d'abord à l'extrémité des pousses. L'arbre arrêté ainsi cesse de s'étendre jusqu'à la fin de la saison. Quelquefois cependant un arbre très vigoureux, attaqué faiblement et de très bonne heure , repousse à la nouvelle sève; mais le blanc ne manque pas de reparaître à l'au^ tomne.

Les effets du blanc varient suivant l'époque à laquelle le mal se déploie. Un arbre attaqué vers la fin de septembe est peu retardé ; mais celui qui est saisi dès le moisdejm souffre beaucoup et a peine à s'étendre. Les parties malades exhalent une odeur désagréable , perdent leurs feuilles avant le

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temps, et ne portent que des jtnx avortés. La sève se concentre alors dans le bas des branches.

Les fruits ont souTent des taches blanches qui les rendent plus ou moins amers et p&teux, selon les espèces et suivant le degré de force de la maladie.

Les arbres viciés par le blanc sont attaqués tous les ans d'une manière plus ou moins apparente , selon la saison : ce mal est absolument incurable ; il se communique par les semis et par la greffé si le rameau a été pris sur un arbre attaqué, lors même que ce rameau serait sain. Les sujets communiquent aussi le blanc à la greffe.

De ce que le blanc se manifeste par Textrémitè des pousses, M. de Yille-Hervé a conclu qu'il était produit par des causes extérieures : car, dit-il , les maladies inhérentes doivent se manifester du bas en haut, en suivant la marche de la sève. Mais on pourrait , par analogie, objecter que la goutte chez les hommes , qui provient assurément d'une cause intérieure, attaque cependant presque exclusivement les extrémités.

L'exposition influe sur Tintensité du mal. On voit à Montreuil des espaliers au levant dont les arbres ont presque tous le blanc , tandis que d'autres de la même espèce» exposés au couchant, en paraissent exempts (1). Beaucoup de personnes en ont conclu mal à propos que l'exposition donne la maladie. On croit encore assez généralement que certaines espèces y sont plos sujettes que d'autres.

Les causes d'une maladie aussi funeste intéressent trop la culture pour n'avoir pas excité la curiosité des savants, et

(i) L'eiposHton en développe teltoineat les lymptÔflieB , qu'en 1816 le pê«1ier des pilastres no 2, palissé sur trois faces, présenlAlt , h la fiee d« levaal, des branches violemment attaquées, lorsque celles du même arbre palissées au eouchant ne réiaieni que très faiblement.

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plusieurs en ont fait l'objet de leurs recherches. M. de Le YiUe-Hervë veut que le principe du blanc soit la gomme qax flue des feuilles (gomme qui diffôre de l'antre en ce qu'elle ne se dégage pas par bouillon , mais par petites parcelles). Il prétend que la sève , redescendant après son moutement d'ascension , trouve à son retour les passages Termes , et se rejette à l'extérieur.

Le même auteur avance que le blanc est causé par les vents froids , qui arrêtent subitement la transpiration. Cette opinion est difGcile à accorder avec les temps auxquels la maladie attaque les arbres , car on la voit souvent se déployer dans la canicule. On a, par un système opposé , prétendu que le blanc provenait de la sécheresse; mais nous le voyons se manifester dans les saisons pluvieuses , en automne.

L'abbé Rosier pense que la maladie du blanc a le même principe que la miellée , qui n'est qu'un épanchement accidentel de sève.

Duhamel attribue ce mal à l'effet d'une extravasion de sève mal digérée , et il la juge sans remède, «r L'amputation 9 de toutes les branches attaquées , dit-il (si toutefois c'est 9 une ressource), ne doit point être différée; encore ce » soin est-il inutile : votre arbre languira malgré cet expé« 9 dient. S'il donne des fruits » ils seront sans saveur et très 9 âpres; et définitivement, au bout de trois ans au plus, ». vous perdrez l'arbre. »

Quant à l'impossibilité d'extirper le mal, Duhamel a très certainement raison; maisU est dans l'erreur quant à la courte durée qu'il fixe à l'arbre malade; on sait qu'ils peuvent vivre très long-temps avec le blanc.

D'autres auteurs enfin voient la source du blanc dans le principe gommeux poussé trop abondamment vers l'extrémité des bourgeons et détourné dans sa circulation. Ils ont cru y remédier par un pincement des branches attaquées ou

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par un ëlagage. Ils se sont flattés d'écarter, par ces procé* dés, la partie gangrenée, et d'obtenir de nouveaux bourgeons dont les pores soient autant de canaux de circuiatioa pour la sève. M. de La Tille-Hervé notamment justifie cette méthode curative par des raisonnements qui paraissent incontestables, et il finit par dire qu'elle lui a toujours réussi. Cette assertion est malheureusement contredite par Texpéï*ience. Tous ces prétendus remèdes contre le blanc ne sont pas même des palliatifs; le pincement et la mutilation surtout ne rendent jamais à un arbre l'état de santé et de vigueur.

L'opinion vulgaire est que le blanc se communique aux arbres sains par le voisinage des arbres attaqués; mais Texpérience dément encore ce préjugé. Au potager de Versailles , de grands arbres très anciens ,^ffectés du blanc , étaient immédiatement contigus à d'autres pêchers également âgés, qui sont restés constamment en état de santé, quoique j'aie fait croiser à dessein les branchés des uns sur celles des autres. Forcé de reconnaître l'impossibilité de guérir les individus attaqués, je conserve encore l'espérance qu'on pourrait parvenir petit à petit à régénérer les espèces détériorées par cette maladie en les propageant par boutures herbacées. ' La gomme. La gomme affecte plus particulièrement les arbres fruitiers à noyaux , parce que leur écorce n'obéit pas aux afiluences déréglées de la sève ; ainsi tout ce qui tait obstacle à son libre passage est une cause qui détermine la gomme. Les meurtrissures , les gelées , les coups de soleil sur les jeunes pousses , les tailles marquées par autant de coudes très saillants, les nodus, les plaies non recouvertes , et surtout le peu d'analogie des sujets avec le rameau de la greffe , qui sont autant d'empêchements au libre cours de la sève , doivent contribuer à faire fluer là gomme. Toutes ces causes, étant accidentelles, offrent des moyens de guérisoo'; mais lorsque l'arbre est attaqué de la gomme parce que la

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semesce dont il provient ou le atijet était (piinnieiix, noog eoDsidëroDS cette maladie comme dangereuse, étant inhérente à Tarbre : dans ce cas, elle se propage par la greffe ou par les semences.

La gomme se manifeste an printemps et an mois d'août sur les nooTolIes ponases et sur celles de l'année précédente, et affecte pins volontiers les bourgeons les plus vigoureux. Si Ton observe à ces époques les branches d'un pécher disposé à être attaqué , on pourra remarquer, sous l'éeorce , des dépôts qui la rendent flasque au toocher. Lorsque ces tumeurs sont peUtes et peu nombreuses , elles flaent naturel* lement , et l'arbre s'en débarrasse par sa vigueur. Mais lorsque l'épiderme ne cède point et que la matière ne peut s'é* pencher, son séjour prolongé occasionne la chute des feuilles, puis l'extinction des yeux et desboutonis inférieurs; la végétation, se portant alors à l'extrémité des branches, produit un effet contraire à celui du blanc, qui concentre la sève d«is le bas dea branches. On voit même périr subite* ment par la gomme des branches, des membres entiers chargés de fruits (1). Il faut donc se garder de planter de jeunes sujetlB attaqués de la gomme, car, nuilgi'é l'art du Jar« dlnier pour la taille, il aurait peine à les diriger contre les murs , où ils offriraient constamment un aspect désagréable à cause des vides qui se formeraient dans le bas et de ceux qu'occasionnerait la suppression forcée des membres; d'aU* leurs leurs fruits se ressentiraient toqjours des mauvaises dispositions de l'arbre.

Un Jeune arbre attaqué de la gcmune n'en pousse pas moins vigoureusement ; mais , malgré ses belles appar^ces,

(1) La moelle des brancbes qae la gomme a fait périr est Javne on Doire, ou aeoleinciit parsemée de points noirs. Les racines dHm arbre malade sonl ton* Jours plus maltraitées qoe les Inancbes.

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on doit le rejeter dès la première année , aussitôt que la gom<* me se décèle. Quelquefois celle-ci ne fait périr d'abord qu'une ou deux petites branches latérales de la greffe; celasufOt pour indiquer la présence du mal. Les pépiniéristes soigneux ont Tbabitude de retrancher les branches attaquées de la gomme ; Tacquéreur doit donc observer s'il y a des branches coupées , et s'informer quels en ont été les moti&. Les péchera taillés trop courts, fumés à contrersens, et troublés dans leur pousse , sont plus sujets à la gomme , parce que , dans le pécher, l'afOuence de la sève, ne force pas^ comme dans les autres arbres, l'écorce à céder, à se détendre. Dans ces arbres , les fibres sont longitudinales , et dans le pécher elles sont cylindriques.

Le remède contre la gomme accidentelle consiste à pratiquer au dessus et au dessous du mal trois ou quatre petites incisions longitudinales très légères , de 27 millimètres environ de longueur, dans le but de faire dégorger le peu de gomme qui ne serait pas encore sortie ; puis , à l'opposé du mal , on pratiquera une ou deux incisions longitudinales de 10, 15, 20 centimètres et plus de longueur, suivant le besoin et la grosseur de la branche. Toutes les incisions sur les arbres sujets à la gomme doivent être très nettes et très légères , atteignant un peu plus que l'épiderme.

On aura soin , avant tout , de retirer la gomme et de nettoyer la plaie. On s'abstiendra de faire usage de quelque onguent que ce soit : les corps que l'on mettrait sûr ces sortes de plaies conserveraient ou renfermeraient une certaine humidité qui serait très préjudiciable à l'arbre ; ces plaies doivent rester exposées à l'air et au soleil.

Nous avons acquis la presque-certitude que la gomme n'a lieu que parce que les écorces ne cèdent pas assez aux affluences de la sève , qui sont souvent déréglées dans le pécher. Il faut , pour éviter le mal que peuvent causer ces affluences^ aussitôt qu'on s'aperçoit que les écorces sont trop

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serrées , s'empresser de les onyrir. On en rècennatt le be*soin aux pousses grêles de la branche, et à rinspeciion da Técorce , qui a des taches livides. Dans ce cas , nne incision longitudinale sur Tépiderme laisse à l'écorce la facilité dé se dilater et d'obéir aux mouyements de la sève, qui , trou* Tant de nombreux canaux pour la recevoir, les parcourt sans obstacles. Nous avons dit que les incisions faisaient gros^ sir et profiter les branches iiir lesquelles on les pratiquait ; il faut donc prendre garde de rompre par des incisions inuti les Tégalité de force! des branches entre elles.

Dumontier a traité, au petit TrianoB, une assez grande quantité de pêchers qui étaient pour ainsi dire abandonnés à cause de la gomme. Tous ceux sur lesquels il a pratiqué des incisions ont donné des pousses plus fortes et plus allongées, les arbres ont repris de la vigueur, et ils étaient enicore , en 1828, très remarquables par la beauté et la couleur foncée de leur feuillage. La gomme a disparu , et lés branches sur lesquelles elle séjournait depuis long- temps en laissent seulement apercevoir les traces, qui sont sèches^ un pe« noires , mais parfaitement cicatrisées.

Le résultat de ces expériences est contraire à Topinion émise dans mon traité sur les maladies des arbres, où j'ai regardé la gomme commo incurable; mais, depuis la pre^ mière édition de cet ouvrage , nous avons acquis la pleine conviction que les incisions faites arec ménagement et en temps convenable suffisaient pour guérir les arbres attaqués de la gomme par causes accidentelles. Quant aux arbres viciés parce que les sujets proviennent d'amandes gommeuses ou de greffes prises sur de tels arbres , nous^en possèldons deux que nous empêchons depuis plusieurs années de périr en les secourant par des incisions aussi souvent répétées que la gomme reparaît: Ces arbres vivent, poussent çk et là de forts rameaux > ils sont assez étendus, mais ils ne produisent que très peu de fruits^ les fleurs étant très rares.

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Les amandes de ces fruits sont gommenses^ la chair coton* neuse et insipide;

La cloque. La cloque doit être considérée comme une ma* ladie inhérente , puisqu'il est constant qu'elle se propage par la greffe. C'est surtout au printemps ou à la seconde pousse» lorsqu'à de ylves chaleurs succèdent des pluies ou des temps froids, que cette maladie se développe dîns les sujets qui en recèlent le germe« Alors les feuiHes épaississent et se bonr* suaient , leur couleur se ternit , eUes se crispent , et les bour* geons se contournent; on croirait que toutes les parties de l'arbre éprouvent les effets d'une transpiration arrêtée. Le mal est d'autant plus grand que les bourgeons sont plusjeu*

Les suites de ces accidents sont la chuta des fenifles et des fruits, ainsi que l'appauvrissement des yeux et des boutonSi qui ne donnent plus que des productions avortées.

Les jardiniers peu observateurs attribuent la cause de cette maladie aux mauvais vents ^ sans réfléchir qu'au mft* ne mur, frappé dans toutes ses parties par ces mauvais vents , on voit des sujets sains à c6té de ceux qui sont attaqués; d'où l'on peut conclure que la maladie que recèlent ces arbres se développe plus ou mmns, suivant que leur végétation est arrêtée par l'air froid ou les pluies froides.

Nous avons eu occasion d'obseçirer depuis plusieurs années an potager de Versailles divers effets de la doque , entre autres sur un pécher dont une moitié est palissée sous une comidie très saillante , et l'antre contre un mur sans chaperon; il est remarquable que cette demièM moitié de l'arbre est presque tous les ans atteinte par la cloque, tandis que la première en ^t garantie ; quelquefois seulement des bourgeons de cette partie sont légèrement frappés, mais c'est toujours ceux qui se détachent du mur et dont l'extrémité se présente davantage à l'air libre.

Nous proposons comme préservatif, non seulement des

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chaperons ea tuile (plancbe III , fig. 10), meis encore des auvents en paillassons (fig. 11) qui auraient 60 centimètres de saill%| et que l'on pourrait placer et 'retirer à volonté. Cette dernière couverture sera plus nécessaire aux expositions du couchant pour certains sujets et pour certaines espèces , telles que la mignonne à grande fleur, etc.

Gomme les pucerons occasionnent aussi la déformation des feuilles et des bourgeons, on a pu croire quelquefois que des arbres attaqués par ces insectes étaient atteints de la cloque, et de là on a conclu que les arbres cloques atti* raient plus que d'autres les fourmis et les pucerons ; mais c'est une erreur : ces derniers animiaux ne s'attacbent qu'aux feuilles tendres et jeunes de l'extrémité des bourgeons.

Pour guérir l'arbre, on s'empresse souvent de couper les feuilles et même les bourgeons malades; mais il vaut mieui( attendre, sinon la fin de Ja crise , le moment où la sève com-» menée à r^rendre son cours. Si la saison n'est pas trop avan cée , on rabattra ces bourgeons sur des yeux sains , même' sur ceux du talon. On pourra alors espérer d'avoir des fruits l'année suivante. Dans le cas contraire, il faudra ajourner toute suppression à la taille du printemps. Lorsque des arbres se trouvent dans ce cas, on doit soutenir la végétation des nouvelles pousses par des engrais bien consommés et par desarro'sements de jus de fumier.

Du rouge. Le rouge est une maladie exclusivement propre au pécber, et Jusqu'à présent incurable. Tout le jeune bois prend d'abord une teinte rougeàtre , et le sujet périjt bientôt, en même temps que la couleur devient plus vive» Quelques arbres néauaMus prolongent une existence languissante pendant trois ou quatre années , au bout desquelles ils périssent tout à coup et dans leur entier. Cet événement arrive communément au printemps ou lors de la maturité des fruits, dont les arbres attaqués sont naturellement

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très chargés, parce que leurs rameaux, poussant vigoureU" sèment, se mettent tous à fruit.

Les pêchers sont plus susceptibles d'avoir le rouge lorsqu'ils ont été greffés sur des sujets d'amandiers à coques tendres, parce qu'ils poussent d'abord plus vigoureusement que ceux qui proviennent d'amandes à coques dures. Cette vigueur apparente trompe les pépiniéristes et les acquéreurs.

Des observations multipliées m'ont convaincu qu'elle affecte aussi presque toujours les arbres provenus d'amandes tachées de gomme intérieurement, ou même seulement sur le brou.

On a cru remarquer que les pêchers étaient plus fréquemment atteints de la maladie du rouge lorsqu'on plaçait des cordons de vignes au dessus des espaliers ; mais je ne partage point cette opinion ; le ronge est une maladie inhérente au sujet, et indépendante des causes accidentelles qui peuvent seulement la faire développer plus prompiement et en augmenter les effets. Sous ce point de vue, les cordons (qui ont d'ailleurs beaucoup d'autres inconvénients) peuvent être nuisibles , aussi bien que la mauvabe qualité de la terre , etc. , etc.

On ne connaît encore aucun moyen de sauver un arbre attaqué du rouge. Aussitôt qu'on aperçoit les symptômes de la maladie, il faut sacrifier l'arbre, dont les fruits, plus hâ* tife, sont pâteux et insipides malgré leur belle apparence.

Le rouge se transmet par la greffe et les semis. Puisqu'il est incurable , on ne peut s'en préserver qu'en plantant des pêchers sains : aussi avons-nous recommandé de fUre choix dans les pépinières avant la chute des feuilles , parce qu'on juge mieux alors l'état de santé des arbres*

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