DB LA TAILLE IN GÉNÉRAL DU POMMIBR BT DU MINIER
Beaucoup de personnes s'imaginent que les principes de la taille des arbres fruitiers sont encore très incertains , attendu que la plupart des Jardiniers ont des méthodes par* ttcuiiéres de tailler les arbres , et que chacun d'eux croit avoir la meilleure. Ceci prouve seulement que ces Jardiniers ifBorent qu'il existe des principes invariables de la taille , fondés sur la physiologie végétale et sur la manière particulière de croître de chaque espèce. Ces mêmes personnes reprochent aux auteurs qui ont écrit sur la taille et la culture des arbres fruitiers de s'être successivement copiés. Nous espérons que ce reproche ne pourra en aucune façon être imputé i la Pomone Française y bien que nous nous
soyons èdairè des aoteurs qui nous ont précédé, et qoBoas ayons profité même de leurs fautes , ce qui nous a donné les moyens de nous créer une méthode que quelques per« sonnes qualifient avec raison d'école nouvelle. Cette mé^ thode n'est sans doute pas exempte d'erreurs; aussi, loin de demander une aveugle confiance à ceux qui voudront bien nous lire, nous les invitons seulement, pour s'instruire avec nous, à se donner la peine de nous contrôler en pratiquant nos principes. Ce que nous pourrions dire des ouTra* ges qui ont précédé la Panwne serait superflu ; nousn'exor» cerons donc de critique que sur les ouvrages qui ont paru depuis la première édition de la Pâmons Françaiêe , et cela k mesure que nous aurojis à traiter un article qui serait par trop en opposition à ce que d'autres personnes recomnandent. Notre critique a pour but d'éviter aux cultivateurs des erreurs plus ou moins graves, en les mettant à même de s'assurer par leur propre expérience quelle est l'opinioii qu'ils doivent avoir à l'égard de bits sur lesquels divers auteurs et nous ne sommes pas d'accord.
La taille des arbres fruitiers a pour bat de distribuer la sève également et proportionnellement dans toutes les parties de l'arbre , afin que les fruits acquièrent toutes les qua* lités qu'ils peuvent avoir ; la taille dispose aussi les arbres i donner régulièrement et abondamment de beaux fruits daas toutes leurs parties à mesure qu'ils prennent de l'étendue et qu'ils avancent en âge ; elle prolonge leur existence en les maintenant en santé, mais elle en restreint le Toiume. La taille sert encore à donner aux arbres une forme quelcon* 9ue déterminée par les intérêts ou seulement le caprice du cultivateur.
La taille, telle que nous la concevons, est basée sur la végétation particulière & chaque espèce d'arbres; alors elle est une et invariable , quelle que soit la forme que l'on donne à l'arbre. C'est l'ignorance de ces véritables principes qui a fait croire i quelques professeurs qu'il devait exister .
3M LA MMme FRANÇAISE.
autaBt 4e sortis et talHe qne l'on pouvait concevoir de fornés d'arbres; aussi traiteDl-ils séparément , et par chapitres, de la iaUle en éventail ^ de la taille en vaie^ et mènie des tailles anciennes et hétéroclites. Cette nomenclature de tant de sortes de tailles imaginaires ne sert qu'à donmtr de fousses idées aux jeunes gens , qui cherchent en vain une interprétation raisonnable à des mots vides de sens. En effet , que signifie une taille en éventail^ une taille en vote? Il serait plus rationnel , au contraire , de faire remarquer aax jeunes élèves que les tailles ne varient jamais, et que celle de la vigne , par exemple , malgré toutes les formes qoe Ton peut lui fkire prendre, est toujours la même , parce que les principes en sont fondés sur la manière dont cette plante végète. Il en est de même éa pèeber. Genx des planches 8 et 9, que nous avons fait dessiner géométriquement à Boissy -Saint-Léger par M. Poileau, pour prouver uniquement que Ton pouvait soumettre le pécher à toute espèce de forme, et que cet arbre n'était pas indomptable comme on l'avait cru jusque alors ; ces pèotiers, dis-je, ont été dirigés ainsi par un jardinier qui B^-a pas eu recoors à plusieurs sortes de tailles : une seule et unique lai a saffl; c'est celle que nous professons , fondée sur la marche particulière de la végétation de Tarbre que fim veut , diriger. Autrement on ferait croire aux élèves que Fart de la taille des arbres fruitiers est très difficile, ou an moins très compliqué; tandis que rien n'est plus simple, lorsqu'elle est restreinte à ses véritables principes.
M. Dallyret , jardinier en chef, a professé la taille des ar* bres fruitiers au Jardin des Plantes pendant plusieurs années , à la salisftittion de beaucoup de monde , et avec tout le zèle d*uo jardinier qui a rintlme conviction de Teffiicacité des moyens qoll indique; tellement que, pour les étendre au delà de son auditoire ^ il a publié ses leçons écrites.
LA PiMom FRAflfAMNl. «5
M. Ddlbret a donné là un trës bon eiceiR|ile qtri A«rrttt être suivi par tous les professeurs d'horticnltore , dont la science deTîendrait profitable à tons ; d'ailleurs leurs levons écrites seraient encore pour le public une garantie de leur capacité, car jusqu'ici ils se sont eux-mêmes eréés professeurs , sans concours et sans examen ; Il a sulB qu'ils fussent botanistes pour qu'on les crût de fort habiles eultivftteurs. Il y a cependant une très g^rande différence entre professer la botanique d'après Linnée, Jossien, Desfontaines et autres, et professer l'horticulture d'après quelques auteurs qui n'ont écrit que sur des spécMiMs: cur personne n'est dupe aujourd'hui de ces titres de Court eompie t (T agriculture y titre ambitieux, donné sans dMite par des éditeurs. Nous ferons remarquer qu'il n'est jpas néoessaire que le professeur de botanique ait acquis une gtanée pratique et une longue expérience pour enseigner une science exempte d'erreurs par sa nature , puisque l'on a sous les yeux et sous la main les objets qui flsnt le sujet des démonstrations : une feuille ronde ne peut être caractérisée de fenille pointue. Ce n'est pas que nous touKous déprécier une science que tous les jardiniers devraient tour naître. Il n'en est pas de même en horticulture: le professeur n'a jamais assez d'expérience ; celle même de ceux qui l'écoutent pourrait quelquefois lui être utile. S'il expose une théorie , elle doit être appuyée des notions que nous avons de la physiologie végétale , et il aura encore à indiquer au cultivateur quels sont les moyens qu'il doK employer pour que la pratique confirme toujours par ses résultats la théorie qu'il professe.
En observant la marche que suit la végétation d^ne plante, on sait théoriquement ?iuelle est la culture qui doit lui être appliquée; et si les résultats obtenus par la culture répondent aux indications voulues par ia théorie, on a la preuve acquise que la mafche de la vêgétaUon 4e cette
«M I^ POHO» rRAKCàUOL
plaate Mt faiee connue ; dans le cas contraire , il Crat Tétndier plas atteBUvement.
Les résuUats heureux obtenus souvent fortuitement en culture peuvent aussi faire découvrir la marche naturelle que suit la végétation d'une plante. Ainsi la science et la pratique devraient être inséparables pour s'éclairer mutellement ; mais comme les savants sont rarement cultivateurs, il en résulte que les progrés de cette science sont très lents, n est donc essentiel que les hommes qui sont assez instruits pour professer l'horticulture laissent des traces de leurs enseignements, afin non seulement que ceux qui viendront après eux les suivent ou les dépassent sciemment, mais encore afin que le professeur lui-même puisse être averti , et ne soit pas exposé à enseigner ^t à propager des erreurs. Si, par exemple , M. Dalbret n'avait pas écrit ses leçons, il aurait toujours continué d'enseigner sa singulière méthode du provignement de la vigne , et son mode erroné de la bifurcation des branches; son système de charpente dans les poiriers, dont les membres et les branches sont beaucoup trop rapprochés les uns des antres, et autres graves erreurs que nou indiquerons à leur place ; ce qui mettra le professeur à même, dans une prochaine édition, d'opérer des corrections; et s'il ne profilait pas de ces avertissements , ce que nous sommes très éloigné de supposer, son auditoire ou ses lecteurs eux - mêmes sauront bien vérifier ces articles contestés.
Lorsque M. Poiteau Ait choisi pour professeur de l'école d'horticulture de Fromont, il s'empressa de justifier cette préférence (qui, du reste, ne pouvait s'adresser k d'autres plus capables) en écrivant ses leçons. Nous avons & regretter que ce bel étaUissement n'ait pu continuer, et que le cours d'horticulture de M. Poiteau ait été interrompu & la troisième leçon; ce qui privera la société d'un ouvrage extrêmement nécessaire , et pour lequel on attendra peut*
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Atre encore très loii(r.tenips ayant qu'il se présente pour rexëcoternn homme aussi laborieux et aussi conscieucieux que M. Poile^u , réunissant toutes les connaissaoces de science et de pratique indispensables à une telle entreprise. Le professeur d'horticulture doit être aussi essentiellement opérateur et manipulateur que le sont les professeurs de ehirurgie , Se chimie ou de physique y dans ce qui concerne le matériel de la science*
Faisons des yœux, dans l'intérêt de l'ayancement de la science horticole , pour que les professeurs soient tenus de donner leurs leçons écrites. Nous invitons les sociétés d'horticulture et d'agriculture à demander au ministre, qui Bomme les professeurs d'horticulture et d'agriculture , de leur imposer cette obligation. Notre indulgence et notre reconnaissance sont de droit acquises aux professeurs qui écriront leurs leçons , parce qu'ils auront posé les premiers jalons qui serviront à tracer une route sans laquelle la soiettee horticole ne peut faire de rapides progrès.
Pour revenir à la taille du pommier et 4n poirier, nous avons dit qu'étant pratiquée d'après la connaissance de la manière de végéter de ces arbres, elle était simple et facile, parce que toutes les branches - mères ou secondai* res , quelle qne soft la forme de l'arbre, se taillent toutes et s'élèvent toutes d'après les mêmes principes. Pour revenir à la taille , nous aHons essayer de la rendre si simple , qu'elle aoit à la portée de toutes les personnes le moins exercées dans notre art. Il sera à propos qu'on ait toujours sous les yeux la manière dont nous avons décrit plus haut la végétation naturelle du poirier et du pommier.