DU DÉFONCEMENT DES TERRES
Il né Mffit pas, pour assurer le succès d'une plantation, de renoncer à prendre dans les pépinières des arbres qui ne peuvent prospérer, ni de planter des sauvageons destinés à être greffes en place; il «t encore d'autres seine aussi in-
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dispeasables , tels que ceux à donner à la terre dans laquelle les arbres doivent être plantés. Cette terre doit être profondément remuée et amplement fumée , afin que les racines des arbres puissent facilement s'y former, s'y étendre et recevoir la fraîcheur du fond de la terre , surtout lorsque cette terre est desséchée à sa surface , pendant les chaleuns de Tété ou les hàles du printemps.
Les propriétaires qui font planter sans faire défoncer ni fUmer leur terrain ignorent sans doute combien ces opérations, surtout la défonce, sont indispensables au succès de leur entreprise. Quant à ceux qui trouvent ces travaux trop dispendieux, et qui apportent à cet égard un esprit de parcimonie , nous les engageons à ne point planter^ ils éviteront non seulement l'achat des aiiires, mais encore les fixais d'une plantation faite en pure perte. Tant il est vrai qu'il arrive trop souvent en culture que, si l'on manque à une seule chose essentielle , tout ce qu'on a bit est perdu !
Il est encore utile que les propriétaires sachent que les pépiniéristes ne manquent jamais de faire défoncer et fumer leurs pépinières, sansquoi les arbres ne pourraient s'y élever. Cette connaissance fera apprécier la nécessité de donner aux arbres qu'on plantera une terre aussi favorable à la végéta^ tion que celle dans laquelle ils ont été élevés. Autrement la transplantation, qui fait toujours souffrir l'arbre , surtout lorsqu'il est greffé, le rendra pour toujours languissant, si on le inet dans une terre moins bien préparée. C'est parce que la plupart des propriétaires ignorent, ces choses qu'ils ne peuvent parvenir & se créer de belles plantations, que les beaux arbres fruitiers sont si rares dans les jardins même , et que les beaux fruits sont également si rares , et toujours d'un prix excessif. Cette privation de bons fruits est pour la population d'autant plus déploraUe , que le sol et le climat de la France sont en général très favorables à la végétation des arbres fruitiers et à leurs produits.
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On profitera de la belle saison qui précède l'époque de la plantation ponr ftire défoncer à ylve jauge les plates-bandes destinées à recevoir les poiriers et les pommiers. Le mode à suivre pour cette défonce est de jeter la terre sur berge à deux pieds et demi devant soi. On creusera jusqu'à deux pieds de profondeur, et on donnera ensuite dans le fond de la jauge un labour d'un fer de bécbe, ou bien un piochage. On couvrira ce labour d'une épaisseur de terre d'un fer de bêche, prise sur la jauge qui va s'ouvrir. Sur ce fer de bêche de bonne terre on étendra un lit épais de fumier; après qu'on l'aura piétiné, on continuera la défoncé sur la seconde jauge, qui aura, comme la première el comme toutes celles qui la suivront , 2 mètres 60 centimètres de largeur sur autant de profondeur, y compris le piochage dans le fond. On avancera ainsi toujours en reculant de 2 mètres en 2 mètres et demi jusqu'au bout du terrain. Enfin on remplira la dernière jauge avec la terre provenant de la première que Ton a jetée sur la berge en commençant. Cette opération devra être terminée pendant la belle saison, afin de laisser aux terres le temps de se tasser.
Les fumiers^, en se décomposant, dégagent d^ émanations qui se combinent avec celles que l'humidité de la terre a produites; le tout est absorbé par les spongioles, qui le transmettent dans le système de l'arbre , dont les productions de* viennent d'autant plus vigoureuses que les émanations de l'engrais et celles de la terre se trouvent combinées plus fis- ToraMement. C'est pourquoi nous préférons employer les engrais qui ne sont pas entièrement consommés , et c'est aussi la raison qui nous les fait placer à une certaine |h*o<fondeur* Du terreau bien réduit et des terres très amendées placées au pourtour des racines déterminent la formation dos nouvelles spoi^oles, et la reprise de l'arbre.