DE LA COUPE
La coupe des bourgeons à raccourcir ne doit jamais èlre faite près d'un œil » parce que, le bois de la Yigne étant sujet à mourir jusqu'à une certaine distance de cette coupe » il pourrait arriver que ia morialité gagnât jusque sous l'œil, l'aframât ou le fit périr; d'ailleurs, si le bourgeon était trop près de l'extrémité, il serait exposé à être très facilement décollé par le vent. On prévient tout inconvénient en tail* lant à trois ou quatre lignes au dessus de fœH. Il est essentiel que la surface inclinée de la coupe soit opposée à l'œil terminal, afin que celui-ci ne soit pas mouillé par les pleurs j ce qui lui serait nuisible, surtout s'il survenait des gelées. On taillera sur des yeux latéraux ou tournés vers lé mur, de façon que les boui^eons puissent être facilement palissés. On aura soin de couper les bourgeons à supprimer très près de l'insertion de celui sur lequel on rabat , afln de Eaciliter le recouvrement de la plaie; et dans le cas où il n'y aurait pas de semblables suppressions à faire , il faudrait toujours rabattre de la même manière l'onglet de la taille précédente. On ne doit pas oublier, en taillant, que, la vigne n'ayant pas d'aubier sensiblement appparent , ses plaies wmi très difficiles et très lodgues à se cicatriser; il importe donc de faire les amputations avec précaution et netteté, et surtout d'éviter d'en faire d'inutiles. On aura soin de couvrir d'onguent de Saint-Fiacre les plaies un peu considérables.
Beaucoup de personnes qui ne voudrafent pas se servir de sécateur pour tailler leurs autres arbres fruitiers s'en servent pour tailler la vigne; nous les invitons à.réfléchir que la vigne, ayant peu de moyens de recouvrir les plaies qui lui sont faites , semblerait devoir être très ménagée à cet égard , surtout lorsqu'il s'agit de la suppression d'un bourgeon près de l'insertion d'un autre ^ ou seulement du
hk PMKMIB FRAlfÇilISB^ 4»
ravaknKmt des onglets. On comprend combien il importe alors de se servir pour ces opérations d'un instrument très tranchant.
On a peu de ménagements , en général , pour la Tigne , parce que, tel traitement qu'on lui fasse subir, sa végétation n'en paraît pas afTectée ; mais ce sont les.produits qu'il faudrait consulter, on s'apercevrait qu'ils accusent toujours les mauvais traitements et le mauvais emploi de la sévc; Le sécateur est plus expéditif , il est vrai, mais il est aussi fatal à la vigne qu'aux autres arbres fruitiers.
DE L'ÉBOUKGEOlimEMENT.
L'ébourgeonnement s'^exécute lorsque le développement des nouveaux bourgeons est commencé, et consiste à couper avec un instrument tranchant tous les bourgeons faibles , excepté ceux destinés à remplacer ou à concenTrer les coursons; on supprime aussi les bourgeons doubles on triples , et même ceux portant fruit, qui n'auraient pas assez de vigueur pour l'amener à maturité , ou qui seraient trop chargés relativement & l'âge ou à la faiblesse du cep. On retranche , en un mot ^ tous ceux qui feraient confusion au palissage et qui ne seraient pas utiles aux prodoits de l'année ou nécessaires à la taille de Tannée suivante ^ et l'on ne conserve communément sur chaque courson qu'un ou denx bourgeons portant fruit.
Un ébourgeonnementprématuré produit les mêmes effets qu'une taille tardive , en donnant lieu à des épanchements de sève trop abondants. On attendra donc , pour supprimer les bourgeons trop nombreux ou ceux mal placés, que la sève se soit formé de nouveaux canaux en développant une quantité suffisante de feuilles , et qu'elle ait déjà pris une certaine consistance. Ces bourgeons ne seront point retranchés jusqu'au ras de l'écorce ; mais on aura soin de leur laisr
46 LA POHOHB FRAIfGAII^.
ser an petit talon garni d'nne feuille, sanf à rabattre celoi-^ ci à la taille d'hiver, s'il y a lien.
L'ëbourgeonnement de la vigne est indispensable ; il doit être successif et répété autant de fois qu'il devient nécessaire. Il arrête toujours la végétation de la plante sur laquelle on l'opère, et cette suspension est plus ou moins prolongée , suivant le nombre des bourgeons supprimés ; c'est pourquoi il ne faut pas en 6ter trop & la fois lors de la floraison.
L'ébourgeonnement des vignes plantées et taillées suivant nos préceptes est presque nul : chaque courson ne conserve qu'une ou deux pousses.
Quanta l'étiourgeonnement des vignes plantées à de grandes distances, il n'a lieu que lorsque les bourgeons ont acquis de 32 à 40 centimètres de longueur, et par conséquent assez d'étendue pour avoir de la consistance ; autre* ment on ferait perdre inutilement à ces vignes vigoureuses une trop grande quantité de sève.
On sera très exact à supprimer, au fur et à mesure de leur développement, les ailerons ou entre -feuilles qui sortent dans les aisselles de chaque feuille. Pour cette opération, on doit saisir le bourgeon principal de la main gauche, afin de l'assujettir, et de la droite, en commençant par le haut, on prend chaque bourgeon anticipé en le tirant en contrebas : il se détache presque toujours avec facilité ; mais si l'on avait trop attendu, et qu'il fût ligneux , il faudrait le couper.
DE L'ÉVRILLEMENT-
' L'évrillement des grappes s'effectue de bonne heure, et dans les années d'abondance on doit même supprimer les grappillons dont les fortes grappes sont ordinairement accompagnées, et qui nuiraient à leur accroissement et à leur qualité. Le retranchement des vrilles est nécessaire, parce qu'elles consommeraient une grande quantité de sève au dé*
L& vcmxmB frauçaisb. 4t
triment da frait et do bois, surtout dans les ehasselas, où elles sont très longues; elles auraient aussi ^inconvénient de rendre 9 par lears enlacements, le palissi^e long et difficile. Dès que les bourgeons ont développé deux ou trois vrilles, il faut être soigneux de les supprimer lorsqu'elles sont encore herbacées , parce qu'elles peuvent être coupées avec les ongles : on ne doit jamais les arracher; le moindre mal qui en résulterait serait une perte de sève. Si on les laisse de-^ venir ligneuses, il faut de toute nécessité se servir de la demi-serpette; alors l'opération devient longue. Les vrilles ne doivent pas être coupées au ras de Técorce ; il faut toujours leur laisser un petit talon de 6 millimètres de longueur* On répète l'^vrillement autant de fois qu'il est nécessaire.