‹ La pomone françaiseChapitre 8 sur 76 · DU PINCEMENT · texte numérisé non relu

DU PINCEMENT

Le pincement est très utile pour la culture des arbres fruitiers en général , et particulièrement pour celle de la vigne. Les habitants de Tbomery en font usage avec beaucoup de succès et d'intelligence.

Il a pour effet de suspendre momentanément la pousse des bourgeons sur lesquels on le pratique , ce qui favorise la formation de tous les yeux et boatons de ce boargeon , en raison de leur proximité de l'endroit pincé. Cette opéra* tion accélère par conséquent la maturité de ce même bourgeon, qui devient ^lus t4t ligneux et solide, et favorise d'autant les bourgeons voisins qui ne sont point pinces.

On conçoit qu'il ne faudrait pas pincer de trop bonne heure, parce que les yeux du talon, mûrissant trop promptement, pourraient s'ouvrir avant les gelées et détruire l'espoir de l'année suivante. Si au contraire on ne pinçait pas da tout, et qu'en même temps on entretint par des engrais eldes arrosements multipliés la végétation et le développement des bourgeons jusqu'aux gelées , alors les extrémités

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de eeni-ef se tronreraient fatigaées, tandb qae IcsboaioM da talon seraient ayortés : il tant donc prendre nn joste mllieu entre ces deux extrêmes.

Le bnt da pincement est de concentrer la sève sur les cor* dons, en fortifiant les yenx infénears, afin de ponroir y asseoir la taille ayec avantage.

A Thomery, on pince les boni^eons d'une vigne formée lorsqu'ils ont 60 centimètres, c'est-à-dire lorsqu'ils atlei* gnent le cordon immédiatement supérieur, qu'on ne leur laisse jamais dépasser; ainsi on les arrête sur le huitième ou neuvième œil. Les bourgeons faibles qui n'atteignent pas le cordon sont pinces à des hauteurs variables ; le but n'est plus alors de les arrêter, mais bien de fortifier^ selon le be* soin , les yeux de remplacement.

Une vigne de trois ans de couchage est pincée du onzième au treizième nœud ; et les jeunes vignes qui ne sont pas encore eu cordon le sont du douzième^au quinzième œil , suivant les localités.

Il arrive souvent que les bourgeons de Textrémité des cordons attirent à eux toute la sève , et que ceux plus près de la tige languissent. On rétablit promptement l'équilibre (qu'il eût mieux valu ne point laisser rompre) en pinçant à plusieurs reprises les forts bourgeons. Le pincement sert donc aussi à régler la force respective des bourgeons d'un même bras. On pincera huit jours plus tôt les bourgeons des extrémités.

Gomme les treilles de la plupart des jardins sont plantées à de grandes distances , elles poussent plus vivement , ce qui force à mettre 66 centim. d'intervalle entre les cordons. Malgré cet espacement, les bourgeons s'élancent encore au delà, et l'on ne croit pouvoir les arrêter qu'en coupant l'excédant lorsqu'ils sont devenus ligneux. Cette opération s'appelle rogner la vigne.

Il y a trente ans que les habitants de Tbomery condui-

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saient encore leors treilles de cette manière; mais, depnis qu'ils ont obtenu des variétés de chasselas dont le bois est moins gros et les yeux moins écartés, et surtout depnis qu'ils ont planté à des distances plus rapprochées, le pincement seul leur a suffi , ainsi qu'on Tient de le dire, 'pour régler la végétation des coursons; bien entendu que ces cour- • sons ont été formés lentement et successivement.

DU PALISSAGE.

L'inclinaison des bourgeons de la vigne ne parait pas avoir d'influence marquée sur la force de leur végétation. Ainsi , lorsqu'une treille ne sera pas formée en cordon , on pourra sans inconvénient étendre ses pousses sur le mur telles qu'elles se présenteront , de manière à le garnir et à bien exposer les fruits. Il n'en serait pas de même des branches de tout autre arbre , sur le développement desquelles une direction plus ou moins inclinée produit des effets très sensibles.

L'époque du palissage est indiquée par la croissance des bourgeons et le besoin de les attacher, afin d'empêcher qu'ils ne soient décollés ou rompus par le vent. On doit commencer par ceux qui sont destinés à former des ti^es ; on attache ensuite les bourgeons destinés à former des bras, les jeunes vignes doivent être palissées les premières, puisqu'elles poussent plus vigoureusement.

Les premiers liens seront volants, afin que le bourgeon qui croit en grosseur ne soit ni gêné ni blessé. On ne fixera définitivement les bourgeons que lorsqu'ils seront devenus assez Jigneux pour supporter cette opération. Oe s'exposerait à casser les pousses vigoureuses si l'on voulait leur IMre ebanffer brusquement de direction ; il faut les y amener graduellement , et l'on tf y parvient quelquefois qu'à la deuxième année. On veillera à ce que les bourgeons ne se glissent point

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entre le treillage et le mar, et Jamais on ne les croisera Tan surTautre.

Chaque bourgeon vertical des lignes disposées en cordons et plantées selon notre méthode recevra deux attaches : Tune sur la latte intermédiaire , et l'autre sur celle du cordon supérieur, que les bourgeons ne devront pas dépasser.

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