DU CERISIER
Le cerisier fut apporté par Lucullus, de i^Asie en Italie, Tan de Rome 680. Nous en distinguons aujourd'hui plusieurs espèces, savoir : les merisiers, les guigniers, les bigarreau* tiers et les cerisiers. Le merisier croit dans les forêts ; c'est un arbre élevé dont les branches sont horizontales ^ les guigniers et les bigarreautiers forment des arbres moins hauts, mais plus gros , et ne se trouvent que dans les endroits cul* tivés ; les rameaux de ces arbres sont gros et pendants. Le fruit du guignier a la chair molle , celui du bigarreautier Ta ferme et croquante. Les cerisiers se divisent en deux sortes: Tune à rameaux droits, et l'autre à rameaux flexibles et pendants.
Les feuilles sont placées sur les rameaux dans un ordre alterne; eHes sont ovalaires^ allongées, pointues par les deux extrémités, dentelées et surdentelées par les bords, portées par de longues queues.
Les fleurs, qui s'ouvrent en mars et avril , sont composées d'un calice en godet percé par le fond , fendu par les bords en cinq échancrures concaves ; de cinq pétales blancs, arrondis , minces ; de vingt à trente étamines ; d'un embryon arrondi , qui porte un style terminé par un stigmate. Ordinairement il sort d'un bouton plusieurs fleurs dont les pédicules sont attachés sur un support commun.
Les firuits sont succulents , couverts d'une peau mince et lisse ; ils renferment un noyau dur et ligneux , qui contient une petite amande.
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Le cerisier a quatre écorces : la l*^, coriaeëe et très dure; la 2«, coriaeëe, beaucoup moins solide ; la 3«, spoDgieuse et fort tendre, ont les fibres transversales et spirales ; la 4« est spongieuse , et ses fibres sont longitudinales. Cet arbre est sujet à la gomme, que Ton guérit ou que l'on prévient par des incisions longitudinales faites sur la première écorce.
Le bois du cerisier est agréablement veiné , il prend un beau poli ; il est employé par les luthiers , parce qu'il est très sonore*
Les branches à lK>is sont le jet de la greffe on les rameaux les plus forts. Chaque rameau est garni dans toute son étendue d'yeux simples très saillants dans les arbres à bois droit. L'année suivante ces mêmes yeux, excepté les deux ou trois au dessous du terminal, se fa$onnent en boutons à fleurs, composés de huit à dix boutons, qui fleurissent le printemps suivant , c'est-à-dire la troisième année après la formation du rameau ; les deux ou trois yeux aa dessous du terminal ouvrent en bourgeons à bois et à fleurs, n sort ordinairement du milieu des boutons à fleurs un bouton à bois qui s'allonge de 1 à S pouces. Ce petit rameau n'est évidemment qu'une lambourde, qui pendant trois ou quatre ans s'allonge si peu, qu'elle ne rend jamais l'arbre épais ni diffus, à moins que les lambourdes ne soient excitées à s'allonger par la taille , ou par trop de vigueur dans l'arbre. Les branches, dans le cerisier^ se dégarnissent moins promptement que dans le prunier. Les cerisiers à bois pendant se dégarnissent plus t^.
Les rameaux sont toujours terminés par un œil à bols. Les boutons à fleurs sont plus rapprochés les uns des autres vers l'extrémité supérieure de chaque pousse.
La plupart des boutons fleurissent dans la 3« année, et sont remplacés par une petite lambourde au bas et autour de laquelle sont groupés cinq ou sept boutons à fleurs ; les yeux à bois s'allongent en bourgeons ou en brindilles«Les lambourdes
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ftont beaocoap plas minces et plas courtes que les briûdilies ; les unes et les autres sont garnies do lM>utons solitaires ou multiples à bois ou à fleurs. Si l'œil à bois qui termine ordinairement la brindille ou la lambourde n'existe pas, ou par un accident quelconque ne se prolonge pas, elles s6cbent, meurent , et laissent un Tide, à moins qu'il ne se trouve quelques yeux latents à sa base. On ne doit pas at« tendre que ces productions soient entièrement usées pour les rapprocher, en faisant ouvrir les yeux qui sont à leur base. Les dards ne semblent pas exister dans le cerisier.
On taille long le cerisier, seulement pour entretenir l'artire plein et pour que ses boui|[eons naissent où ils sont nécessaires pour remplir des vides ; nul arbre n'est aussi docile et ne forme sur les murs un tapis plus régulier et plus agréable , si peu qu'il soit bien dirigé.
L'ébourgeonnement sera diflèré jusqu'à la fin de la saison ; au lieu de supprimer les bourgeons trop vigoureux que l'on aura négligé de pincer, on les raccourcira à deux ou trois yeux, afin de leur faire produire de petites branches à fruits.
Si quelque partie d'une branche se dégarnit, on peut, en la rapprochant , obtenir la sortie', sur l'écorce, de quelques bourgeons , même dans les parties les plus basses de l'arbre ; aussi le cerisier exige-t-il moins de soins dans la direction de ses rameaux, que l'on peut ranger dans l'ordre le plus régulier, sans crainte que les branches placées verticalement ne prennent trop de force , au préjudice des autres.