RETRANCHEMENT DES GRAPPES
Quelque temps après le premier palissage , on doit retrancher, surtout si l'année est abondante, une partie des grappes, qui , trop nombreuses, qui mûriraient difficilement. On doit aussi supprimer la grappe la plus élevée sur les bourgeons qui en auraient trois ; on retranche même quelquefois les grappes provenant des sous-yeux lorsque le bourgeon est trop faible pour les nourrir ou lorsqu'on a .intérêt à le conserver. L'époque la plus favorable pour ces suppressions est celle où le grain est déjà de la grosseur d'un pois. C'est aussi l'époque de desserrer les grains sur les grappes, ce qui fait grossir davantage ceux qu'on laisse.
Cette opération aura dû être précédée par la recherche des chenilles d'un sphinx qui se retire de préférence dans les grappes à grains serrés , où il s'enveloppe de fils soyeux , qui retiennent l'humidité dans les années pluvieuses, et font pourrir la grappe (I) . On éclaircira aussi les grains trop serrés des muscats et autres , qui mûrissent difficilement faute de cette précaution.
(1) Cette recherche des yen est ooe opéralion asseï comidéràble, et h Thomery elle est exécutée iycc soin chaque année par des femmes et des entants.
LA POHOlfB FRANÇAISE M
EPAHPBEMENT.
On est dans l'usage d'efTeuiller la vigne ponr faire prendre an chasselas des treilles bien exposées les couleurs vives et transparentes que le soleil seul peut produire; ceux qui viennent à l'exposition nord ne sauraient les acquérir^ et se distinguent par là très facilement dans les marchés.
Il faut une certaine expérience pour saisir le moment favorable d'effeuiller. Si Ton épampre trop tôt, le raisin ne mûrit plus ; il reste aigre , grisonne et durcit. Si Ton effeuille trop tard , lorsque le raisin est mûr, il ne se colore plus. On évite ces deux écueils en s'y prenant à trois fois différentes et commençant lorsque le raisin est mûr aux trois quarts. Dans le doute, il vaudrait mieux opérer trop tard. L'épamprement modère le cours de la sève; il pourrait même l'arrêter si l'on en faisait abus.
Pour bien effeuiller sans endommager le pétiole ou la queue, dont la conservation est nécessaire pour la nourriture des fruits et des boutons , il faut prendre la feuille en« tre les deux premiers doigts en appuyant le pouce dessus, et lever subitement le poignet , afin de la séparer net du pétiole à l'endroit de son insertion sur lui. Il n'y a que les ouvriers sans expérience qui se servent des ongles on de la serpette. D'ailleurs les feuilles sans pétiole qu'on retire par ce moyen sont plus propres à l'emballage des pèches et antres fruits.