La Réforme sociale
b LA POPULATION.
est, en môme temps, une source de prospérité et de grandeur pour la société. Mais le développement intellectuel tout seiily... séparé du développement moral et religieux, devient un principe d'orgueil, d'insubordination, d'égoïsme et, par conséquent, de danger pour la société ^ »
On tend à replonger les peuples dans un état audessous de la barbarie, quand on assimile l'homme à la bête, car cela rend sans objet la permanence des liens entre les êtres générateurs et ceux qui sont engendrés. Il ne faut donc pas être surpris de ce que le « naturalisme » prépara des mœurs « farouches^ », fit éclore une « impiété dont on ne voit pas d'exemple, dans l'histoire des peuples les plus barbares », et qui était attribuée, par une opinion non suspecte, à « ces principes de matérialisme proclamés, avec tant d'audace, par des scélérats; adoptés, avec tant de complaisance, par tous les hommes vicieux ^ ».
Aussi, en 1815, Frédéric Cuvier, à la fois protestant et universitaire, comme Guizot, écrivait-il qu'à ses yeux il n'était que temps « de repousser la barbarie qui nous menace ^ », et le cardinal de La Luzerne, quelques années après, expliqua la forme de cette invasion redoutable, en disant : « Vouloir que le peuple soit sans vertus est une barbarie ^ ». Or, il ne saurait être question de vertus avec la bestialité, avec le matérialisme; un physiologiste allemand, Moleschott, a dit de la vertu qu'a elle est un produit comme le sucre et le vitriol » .