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CHAPITRE VIII

MORTALITE

Ce n'est pas assez de multiplier les individus : il faut s'efforcer de les faire vivre assez longtemps pour qu'à leur tour ils se reproduisent. D'ailleurs, un homme sain, de corps et d'esprit, peut se rendre encore très utile à sa famille, à sa patrie, àThumanité, après avoir perdu l'aptitude génésique.

La lutte contre les chances de mort rentre dans l'instinct de conservation ; elle a donc un caractère légitime et, on peut ajouter, obligatoire, au point de vue individuel.

Quant à la société, en s'efforçant de restreindre la proportion des décès, elle a en vue son maintien et son développement; ceux qui succombent, adultes, cessent de produire en hommes et en richesses ; atteints dans l'enfance, ils se trouvent perdus complètement pour l'essaimage ; cependant, on a cru signaler, dans la mort, un haut intérêt, pour le perfectionnement de Tespèce humaine. « Si la société ne se renouvelait pas matériellement, dit Dunoyer, elle ne pourrait changer, moralement... Si les hommes étaient nés immortels, ils seraient demeurés stationnaires ^ »

A la vérité, le même auteur s'inflige un démenti, en

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