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De la vie et de la mort

reconnaissant que « la succession des êtres n'est pas la cause » du progrès. Il convient d'ajouter que, s'il en était autrement, l'augmentation de la vie moyenne retarderait l'essor des connaissances, tandis qu'en pratique cette augmentation a marché de pair avec la multiplicité des découvertes scientifiques et industrielles.

Dans un autre ordre de phénomènes éclate la fausseté de Topinion émise par Dunoyer.

Chez les tribus sauvages, une génération remplace une autre, sans être ni plus avancée, ni meilleure. Mais vienne un missionnaire : si Dieu bénit ses efforts, à la voix de l'apôtre, ces gens grossiers, souvent féroces, s'éclairent et se transforment.

Par contre, au sein des peuples civilisés, la décadence intellectuelle et morale provient d'un orgueil grandissant avec la possession du savoir et du luxe : le mal empire, avec le renouvellement des générations, et il finit par abrutir les peuples contaminés.

A entendre Guillard, « la mort mesure la vie ))^. Cette formule, que son auteur croyait être d'un relief saisissant, ne constitue qu'un non-sens. La proposition inverse, rendue plus précise, est seule vraie : la vitalité mesure, en principe, la résistance au phénomène de destruction, chez les êtres organisés.

Or, cette force, qui maintient la cohésion et favorise la croissance, dans les diverses parties du corps, commence et finit par être faible ; c'est pourquoi la morbidité varie avec l'âge, chez les animaux et, surtout, chez l'homme; elle dépend de l'état défensif qu'oppose le tempérament aux interventions nocives du milieu ambiant.

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