Van der Smissen, op. cit
Le relâchement des croyances et mœurs détermine une cause spéciale de mortalité : le suicide.
Il n'entre point dans le cadre de la présente étude d'examiner quelles pressions morales et matérielles disposent à se détruire ^ ; mais il convient de remarquer que le suicide, à l'état de plaie sociale, n'a été signalé qu'à ces époques de trouble des âmes, où le torrent des passions humaines déborde avec fureur.
Depuis le xviii® siècle, le fléau s'est répandu en Europe, d'une manière inquiétante; la statistique criminelle de la France indique les « suicides parvenus à la connaissance du ministère public » ; en voici le mouvement, par périodes quinquennales et moyennes annuelles :
Ainsi, alors que la population s'accroissait de 27 %, le suicide se propageait à concurrence de 531 ^, c'està-dire près de 20 fois la mesure de l'essor des habitants !
Les chiffres reproduits ci-dessus appellent une observation qui concorde avec celle de maints spécialistes.
De 1851 à 1855, alors que l'esprit public inclinait au respect de l'ordre, le nombre des suicides n'a offert, sur la période précédente, qu'une différence en plus de 193.