‹ La populationChapitre 15 sur 127 · INDIVIDUS · texte numérisé non relu

INDIVIDUS

ayant intérêt à devenir

membre'* de sociétés de

secours mutuels-

inscrits en cette qualité.

Proportion pour 100.

, (chiffre non publié

— présume :

venne et annuelle...

Ces précautions sont d'autant plus indispensables que le chef de famille n'a pas seulement à résister aux attraits nuisibles pour sa conservation personnelle ; il doit encore veiller, avec sollicitude, sur les besoins de ceux qui l'entourent, faire des efforts pour en préserver la vie et la santé, pour faciliter le développement et l'entrée en carrière de ses enfants.

L'hygiène de l'habitation a été reconnue, au xix^ siècle, comme exerçant une influence sensible sur la morbidité, par Tétiolement, la naissance de maladies chroniques, l'atteinte d'affections épidémiques, les chances de contamination immédiate.

Une foule de ménages ruraux ont encore coutume de confondre, en quelque sorte, leur installation avec celle du bétail. Au sein des grandes villes, de nombreux groupes familiaux s'entassent, dans des pièces souvent obscures, mal aérées, dont la ventilation insuffisante n'est même point assurée, comme elle pourrait l'être. Le docteur Jacques Bertillon a fait, sur ce point, une enquête aussi utile, par son objet, que concluante par ses résultats^ ; il en ressort qu'à l'étranger, comme en France, l'agglomération excessive se rencontre fréquemment.

La mortalité des enfants tient souvent, tantôt à un défaut de propreté, sans excuse, tantôt à un système vicieux ou insuffisant de nourriture : sevrage prématuré, ingestion précoce d'aliments d'une assimilation difficile, parfois même de boissons alcooliques et non diluées dans l'eau, insouciance à l'égard de ce que mangent les jeunes sujets, hors des repas, quoiqu'une expérience vulgaire ait révélé le lien habituel entre

i. Essai de statistique comparée du surpeuplement des habitations à Paris et dans les grandes Capitales européennes (1894, in-4°).

les affections gaslro-iiitestinales et la gloutonnerie, parfois même la perversion du goût.

Sous le second Empire, notre Académie de médecine retentit de cris d'alarme, à Foccasion des relevés établissant que, dans certains départements, les enfants de 1 jour à 1 an succombaient dans la proportion de 98 sur 100; le docteur Rochard. en particulier, se distingua, dans cette croisade philanthropique ^ .

L'Assemblée nationale de 1871 a créé une inspection des enfants du premier âge ^. Mais il est évident que ceux qui font métier de nourrir ces petits êtres entendent en retirer un profit et ne sauraient avoir les soins assidus, instinctifs, des mères; celles-ci exposent donc à des dangers les jours de leurs rejetons, en se séparant d'eux, et, lorsque cette mesure n'a pas pour cause un cas de force majeure, elle constitue une méconnaissance grave des devoirs les plus impérieux auxquels sont astreints, par la nature, les parents, vis-à-vis de ceux qu'ils ont mis au monde.

Outre lintérêt et les sacrifices affectueux destinés à favoriser la croissance du corps, les pères et mères ont à pratiquer la culture de lesprit et du cœur chez leurs enfants. L'abdication ou l'indifférence, à cet égard, est aussi funeste que, pour la santé, l'abstention de tous soins physiques.

Saint Jean Chrysostome a mis en relief le caractère social de l'éducation, qui a pour objet de former « à la vertu et à la piété, devoir sacré auquel on ne peut

1. De la mortalité des -nourrissons en France (1866); De F allaitement maternel (1868); Des causes de la dépopulation en France (1874).

2. Loi du -23 décembre 1874 proposée, le 24 mars 1873, par le D'" Théophile Roussel. Il résulte des statistiques invoquées qu'au moment où le projet de loi fut soumis à la Chambre, la mortalité des enfants mis en nourrice égalait deux fois 1 2 la moyenne connue pour les sujets élevés chez leurs parents (40 ^ au lieu de 16); l'allaitement mercenaire portait souvent ce taux à 60, 80 et 90 X-

manquer, sans se rendre coupable d'une soj^te de parricide. On voit des pères n'épargner rien, pour donner à leurs enfants des maîtres... et servir leurs caprices, pour leur assurer de riches héritages;... qu'ils pratiquent la piété, peu leur importe. Criminel aveuglement! C'est à cette brutale indifférence qu'il faut rapporter tous les désordres dont gémit la société. Vous avez beau leur procurer de grands biens : s'ils manquent d'esprit de conduite, ils ne les garderont pas longtemps... Vos enfants seront toujours assez riches, s'ils tiennent de vous une éducation saine, propre à régler leurs mœurs et à bien ^diriger leur conduite...

« Accoutumez-les à ne pas se créer des besoins imaginaires, à estimer les biens de ce monde ce qu'ils

valent N'est-ce pas moi, vous dira le Seigneur, qui

avais placé ces enfants dans votre maison; moi qui, en vous établissant leur maître, leur surveillant, leur juge, les avais confiés à vos sollicitudes? Je vous avais donné toute autorité sur leur personne. Je m'étais reposé sur vos soins de leur éducation. Vous me répondrez qu'ils n'ont point voulu se plier sous le joug, qu'ils l'ont secoué. Mais, c'était là même ce qu'il fallait prévenir à ses commencements; il fallait vous emparer des premières impressions, imposer le frein, quand on n'avait pas encore la force de le rompre; courber ce jeune cœur sous le joug du devoir, l'y accoutumer, l'y façonner; porter l'appareil sur la blessure, quand elle était encore à sa naissance; arracher les épines, quand elles commençaient à croître, autour de cette plante délicate, et ne pas attendre qu'elles se fussent enracinées profondément, que ces passions, fortifiées par un développement successif, devinssent impossibles à combattre et à dompter. »

En résumé, les conditions à remplir, pour qu'une famille soit bien assise et se maintienne dans un état satisfaisant, sont complexes; elles dépendent, pour une bonne part, des principes de morale qui guident la conduite, de l'énergie du caractère, de la rectitude du jugement, de la tendresse des sentiments.

Il est donc clair que si les freins qui retiennent les passions humaines se relâchent, d'une façon générale et progressive, la population doit se ressentir de ce phénomène, perdre en force vitale et génésique.

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