Séance du 30 août
Motion d'Aubert-Dubayet, appuyée par Murraire, pour provoquer un
teiir, et, comme pour mieux montrer en quelle honteuse servitude les représentants du pouvoir suprême se trouvaient réduits, la loi désorganisatrice de la famille fut accompagnée d'un préambule, où Ton résuma lessophismes répandus, depuis plus de trente ans, pour exalter la faculté de répudier la foi conjugale ^ .
En ouvrant carrière aux passions, il fallait prévoir des scandales ^, qui ne tardèrent point à éclater avec une force épouvantable ^. La tribune de la Convention retentit de tristes aveux. « Le divorce, déclara Boujenyod, s'obtient trop facilement; les enfants sont abandonnés ^ » ; quelques mois après, Mailhe réclamait une étude nouvelle de la législation sur le divorce, « qui est plutôt, ajouta-t-il, un tarif d'agiotage qu'une loi : le mariage n'est plus, en ce moment, qu'une affaire de spéculation. On prend une femme comme une marchandise, en calculant le profit dont elle peut être et l'on s'en défait sitôt qu'elle n'est plus d'aucun avantage ^. » Dix jours après, le même représentant, au
décret sanctionnant le prmape du divorce, que Guadet déclarait inu» tile, des tribunaux et conseils de famille l'ayant déjà prononcé.