‹ La populationChapitre 3 sur 127 · II INTRODUCTION · texte numérisé non relu

II INTRODUCTION

tivité, dans la valeur de ses ressources, le moyen de donner pleine satisfaction à l'ensemble des besoins qu'engendrent l'état de nature et celui de civilisation ; tout ce qui semble mettre obstacle à la réalisation d'un tel idéal est condamné, sans merci, par l'économiste classique, comme chose funeste.

Depuis longtemps, deux écoles, l'une optimiste, l'autre pessimiste, envisagent, sous des aspects différents, les conséquences économiques de la diffusion des races.

La première de ces écoles admet que la production doit, en principe, augmenter, avec le nombre des habitants, et qu'en tout cas, il n'y aurait qu'un vice à corriger, dans la répartition des biens.

La seconde école critique la conception précédente, comme étant trop abstraite ; elle prend acte de la densité qu'atteint la population, dans chaque pays, et estime qu'il faut que le coefficient d'accroissement soit en raison inverse de cette densité, sans même s'approprier la prétendue loi qu'avait énoncée Malthus et d'après laquelle les moyens de subsistance se multiplieraient en progression arithmétique, alors que la population augmenterait en progression géométrique.

De plus, les optimistes supposent une sorte d'immuabilité dans le nombre et l'étendue de nos besoins, en ne considérant que ceux dont la satisfaction répond à notre nature physiologique, qui ne subit aucun changement à travers les âges.

Au contraire, partant de ce fait après toutes les découvertes d'objets qui, s'ils ne sont pas indispensables, deviennent utilisables, grossissent, indéfiniment, la masse des consommations individuelles, les pessimistes se préoccupent de trouver les procédés de nature à répandre, dans la plus large mesure possible, les jouissances successives dues au perfectionnement de la science et des arts ; d'où ils concluent à la nécessité de mettre en rapport des ressources peu extensibles avec des dépenses très élastiques, et, par suite, de « calculer la fécondité », d'après non

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