INTRODUCTION. III
point les aptitudes génésiqiies, mais les moyens financiers, d'autant plus qu'on ne trouve pas toujours, font-ils remarquer, l'emploi de ses forces et talents, dont une foule d'obstacles viennent suspendre ou contrarier l'action, tandis que les exigences biologiques ou les habitudes sociales ont un caractère impérieux et permanent^ qui rend presque incompressibles les appétits du corps ou les désirs de l'esprit.
Les deux doctrines partent de points de vue isolés et ne poursuivent pas le même but : elles ne sauraient donc, ni se rencontrer, ni s'entre-détruire, ni conquérir l'opinion des hommes qu'éloignent les tendances exclusives.
La démographie, sagement ramenée dans les bornes que d'ambitieuses visées prétendaient lui faire franchir, étudie, chez les peuples de l'univers, chacun des phénomènes qui affectent la vie humaine envisagée d'une manière générale ; elle estime être à même de tirer, des phénomènes observés, certaines inductions ou lois propres à mettre en relief les influences capables d'accroitre ou restreindre le nombre absolu, l'âge moyen et la force physiologique des habitants d'un pays.
Mais les enseignements de cette science sont fort limités, dans le temps et l'espace, car ils ne peuvent éclairer les idées qu'à l'aide de la statistique, dont les méthodes et l'emploi, d'origine assez récente, ne s'appliquent qu'au sein des nations civilisées, qui, elles-mêmes, n'ont, pour la plupart, établi qu'au xix^ siècle un service appelé à provoquer et recueillir, annuellement, des relevés numériques sur la population.
Un champ immense de renseignements comparatifs se trouve, ainsi, soustrait à l'examen, ce qui empêche de reconnaitre, par une observation directe, les effets des mœurs sauvages ou pastorales sur la fécondité, la mortalité, etc.
Partant de cette supposition que la société est « un organisme animal » et doit être assujettie aux principes qui le régissent, la sociologie n'envisage la population qu'en tant