Le mariage civil et le divorce {\^^Q
« L'indissolubilité du mariage est étrangère aux contrats qui concernent les intérêts pécuniaires, mais elle est de l'essence de tout ce qui tient à la famille : l'adoption est indissoluble ; on est, pour toujours, fds, père d'un tel; on doit être pour toujours, aussi, mari et femme. Le mariage, avec le divorce, c'est le mariage à terme ou sous condition... Ce qui tient à la famille est irrévocable... Le divorce consacre donc une exception aux principes fondamentaux de la famille... L'assimilation du mariage aux contrats ordinaires conduirait à dire qu'on peut le permettre à terme... et même à Vessai... Le mariage n'étant pas un contrat ordinaire, mais la base de la famille, il ne saurait atteindre son but qu'à la condition d'être, comme le disaient les jurisconsultes romains, un consortium omnis {fitœ...
« La destruction de la société exige celle de la famille, et réciproquement; la promiscuité des sexes est la base naturelle du communisme social. On ne se borne plus à discuter \ organisation du mariage, on en demande la suppression^ ... »
\. A l'appui de ce reproche, le savant auteur rappelle le livre intitulé : Religion, Propriété, Famille, par M. Alfred Naquet, agrégé de la Faculté de médecine de Paris, depuis député, sénateur; c'est, nous l'avons dit, à l'initiative de M. Naquet qu'est dû le rétablissement du divorce en France (loi du 27 juillet 1884).
Un autre médecin, le D'' Bertillox père, dans ses Annales de démographie internationale (année 1881), a écrit ces lignes que nous insérons sans commentaire :
• On peut dire qu'il existe... deux degrés à' association s de sexes : celui qui est contracté publiquement... et un second degré, qu'on peut appeler association libre, sorte de concubinat régulier qui s'est spontanément constitué, pour échapper aux formalités, aux exigences et, aussi, aux conséquences de l'association légale...
« Il y aurait... grand profit, pour tous, à ce que le législateur pût comprendre ces associations sérieuses dans celles que reconnaît et protège la loi... »
Cela conduit logiquement à l'abolition du mariage; le préambule de la loi des 20-25 septembre 1"92 comporte, d'une façon virtuelle,
Ainsi, le maintien ou le rétablissement du divorce est un indice de faiblesse du sens moral; loin d'affermir et de perfectionner l'institution du mariage, il la dégrade, l'ébranlé et tend à la ruiner. Avec autant de courage que de netteté, un magistrat ne craignait pas, récemment, de faire ce loyal aveu : « Le divorce a quelque chose de la polygamie : il ne donne pas, à la fois, au mari, plusieurs femmes, mais il les lui procure l'une après l'autre. C'est une polygamie successive * . »
D'où vient, alors, que la plupart des peuples civilisés ont proclamé le divorce et persistent à lui donner place dans la loi civile?
Ce phénomène s'explique aisément. D'abord, il s'en faut de beaucoup que la civilisation élève, par elle-même, le niveau de la moralité : Le Play a fourni, à cet égard, des éclaircissements qu'on ne saurait trop méditer ^,
Puis, si l'on prend la peine de rechercher dans quelles circonstances la rupture du lien conjugal a été admise, chez chacune des nations où elle prévaut encore, il devient aisé de reconnaître que la mesure adoptée fut le résultat d'une sorte de mot d'ordre donné, par les adversaires patents ou occultes du catholicisme, qui trouvèrent habile de placer une foule
cette conséquence, et Saint-Martin, dit le philosophe inconnu, ne reculait pas devant une pareille déduction : voici son raisonnement : « La liberté étant de l'essence de l'homme, l'association volontaire qui tendrait à l'enchaîner n'est pas réellement plus juste que celle qui ne le serait pas. Par cet acte, il faudrait, en effet, que l'homme attachât à un autre homme un droit dont lui-même n'a pas la propriété, celui de disposer de soi ; puisque donc il transfère un droit qu'il n'a pas, il fait une convention nulle et qui ne peut lier, ni lui, ni les autres. » {Erreurs et vérité, IP partie, sect. V.) — Avec ce système, l'anarchie devient le seul état légitime entre les hommes.