La Réforme sociale
de gens entre la satisfaction de leurs intérêts, l'assouvissement de leurs passions et la fidélité à leurs croyances, à leurs serments.
Mais, quoique Topinion soit impuissante à changer la loi morale, il n'en est pas moins utile de constater qu'en fait, le régime du divorce paraît peu goûté des populations qui le subissent; cela ressort de relevés officiels, où l'on voit que, sur 10.000 mariages, il ne s'en trouve pas deux de conjoints divorcés qui convolent ^ .
Les chiffres recueillis mettent en relief deux phénomènes intéressants :
l*' Selon les pays, il y a égalité ou inégalité sensible, entre hommes et femmes, dans la proportion des époux en rupture qui trouvent à contracter une nouvelle alliance ;
2° Presque partout, depuis un quart de siècle, augmente progressivement le nombre relatif des mariages civils où Tune des parties est en état de divorce.
La coïncidence, entre cette évolution et celle des idées morales, ne saurait être regardée comme fortuite; elle prouve le caractère factice du besoin qui porte à rompre le lien conjugal.
Une seule chose peut surprendre : c'est que l'espoir d'un sort meilleur n'ait pas produit plus de ravages dans la masse des couples régulièrement unis.
La résistance à la force de dissociation vient, ici, d'une cause profonde.
Au même titre que la nature physique, le monde social obéit à des lois d'équilibre ; un instinct secret de conservation retient beaucoup de gens qui pourraient faire briser leur mariage : si l'homme n'at-