‹ La populationChapitre 39 sur 127 · Essai de chronologie · texte numérisé non relu

Essai de chronologie

siècle; les écrits de Sûssmilch \ Justi ^, Sonnenfels ^, et, en France, ceux de Montesquieu*, du marquis de Mirabeau ^ non seulement portent à penser que les familles se déçeloppaient moins qu'au temps de la Renaissance, mais démontrent qu'on regardait comme vraisemblable une diîiiinution absolue du nombre des habitants, en Europe.

C'est, peut-être, une confusion analogue qui avait disposé, jadis, Diodore de Sicile ^ et Tite-Live '^ à croire que la terre se dépeuplait ; la même erreur ne fut pas commise par Auguste, lorsqu'il s'aperçut du danger qu'un amoindrissement de la fécondité offrait, pour l'avenir, et pensa faire une chose efficace, en légiférant, afin d'exciter au mariage et à la procréation ^. On sait que ces mesures ne remédièrent à rien.

Cela n'empêcha point Colbert de les admirer; le grand ministre repoussa, cependant, l'idée de recourir aux sévérités; mais, convaincu que les faveurs auraient le même effet, il fît accorder des encouragements à la procréation régulière, en constatant que

\. Traité de l'ordre divin dans les variations du genre humain sous le rapport des naissatices, etc. (1741).

Page 1