‹ La populationChapitre 42 sur 127 · Archives de la Gironde, C · texte numérisé non relu

Archives de la Gironde, C

pas moins évidente, d'où la crainte d'une perte sèche, en cas de guerre, disette, épidémie, etc.

Aussi, les publicistes qui affirmaient un « dépeuplement * » eurent-ils beau jeu, et, dans les régions officielles, on hésitait beaucoup à se former une opinion 2.

Le relevé annuel des naissances, mariages et décès, depuis 1770 ^, fournit le moyen de suivre la fécondité, en France, jusqu'à la Révolution '•, et, tout au moins, jusqu'en 1784 ^; on en conclut, par la comparaison avec les chiffres ci-dessus, que le nombre moyen d'enfants, pour chaque union légitime, avait une tendance générale à baisser encore, sauf dans le Midi.

Les données démographiques, sur les diverses parties de l'Europe, au xviii® siècle, sont rares, on l'a dit plus haut; mais elles paraissent sérieuses. En tout cas, elles concordent dans leurs enseignements, ce qui leur donne un caractère de vraisemblance et de probabilité.

En les rapprochant des informations rassemblées, pour la première partie du xix^ siècle, il devient manifeste que la fécondité s'était restreinte, d'une époque à l'autre, non seulement en France, mais en Prusse, en Suède, en Danemark.

Elle a encore fléchi, dans la seconde partie du dernier siècle ; le déclin n'a guère épargné que la Russie, la Serbie et la Hongrie; des oscillations se remar-

1. Montesquieu, Esprit des lois; Marquis de M[rabeau, L'Ami des hommes, etc.

2. V. Archives de l'Orne, G. 660; lettre de Chauvelin (1764); Archives d'Ille-et-\ilaine, G. 1401; instruction aux subdélégués (1774-1775).

3. circulaire du Contrôleur général des finances (l'abbé Terray) du

14 août 1772.

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