‹ La populationChapitre 43 sur 127 · Études et relevés, etc · texte numérisé non relu

Études et relevés, etc

5. Depuis 1785, les Intendants n'adressèrent plus tous les étals dont l'envoi était prescrit.

qiienten Saxe, Wurtemberg, Autriche et Italie ; partout ailleurs, ramoindrissement est manifeste, quel que soit le mode qu'on emploie pour dégager une notion sûre de l'état des choses.

Diverses méthodes ont été mises en usage, afin de fixer les idées à cet égard : rapport des naissances légitimes aux mariages, comparaison du nombre total des enfants venus au monde avec la population ou avec la masse des femmes nubiles; proportion des femmes mariées de 15 à 45 ou 50 ans ayant conçu.

Le second moyen vicie les conclusions obtenues, car on ne saurait mesurer la productivité des mariages qu'en les déduisant de la quantité d'adultes mariés et en âge d'avoir des rejetons : faire entrer des non-valeurs dans le calcul, c'est mal raisonner, en dépit du succès d'un pareil système de supputation.

L'erreur commise se démontre clairement, lorsqu'on substitue, aux résultats fournis, ceux qu'indique le rapprochement des naissances et de la population féminine susceptible d'enfanter; la Prusse, l'Autriche et la Suède, considérées, dans le premier cas, comme ayant subi une perte, apparaissent, dans 1 esecond, avec un gain \

Il n'échappera pas, non plus, que le procédé, consistant à réunir toutes les naissances, implique un intérêt égal pour la fécondité, qu'elle soit légitime ou illégitime; on tend à déguiser, de la sorte, la valeur spécifique des unions régulières et à rehausser celle des unions irrégulières. C'est un triomphe pour la doctrine matérialiste, un échec pour l'institution matrimoniale.

Des enseignements importants se tirent de la sta-

1. Enrico Raseri, Bulletin de VInstitut international de statistique,

tislique , aujourd'hui perfectionnée , en Europe :

1" Il n'y a rien de fatal ^ dans le déclin de la fécondité, car celle-ci éprouve parfois des relèvements ;

2° Les contrées qui tiennent la tête, pour le nombre moyen d'enfants par mariage, comptent parmi les régions où le sentiment religieux a conservé le plus d'empire.

L'économie sociale rencontre, en outre, dans les données numériques, la réfutation péremptoire des arguments plus ou moins spécieux, mis en avant, afin de « régler » la fécondité.

Il a fallu arriver jusqu'au xviii® siècle pour entendre un langage hostile au peuplement, et l'on doit constater, avec satisfaction, que les premiers cris d'alarme, à ce sujet, retentirent hors de France. Aux yeux de l'Allemand Justus Môser, affirmer qu'un intérêt national s'attache à l'essor de la population, c'est faire de la « philosophie de haras ^ » ; un peu plus tard, l'Écossais Dugald Stewart s'exprimait en termes plus convenables, mais, aussi, plus mordants; il qualifiait l'accroissement naturel de « maladie politique », en ajoutant : « J'avoue que je ne connais point de remèdes à ce mal ^. »

Mais, il était réservé à un autre Ecossais, Malthus, de prétendre à l'orgueilleuse affirmation de « lois » régissant les phénomènes démographiques^. Kant avait dit, avant lui : « les mariages, les naissances, les morts paraissent n'être soumis à aucune règle qui permette d'en calculer d'avance le nombre ; et cependant, les tables annuelles... témoignent que cela obéit autant à des lois constantes que les variations

i. Fantaisies patriotiques.

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