Ibid
pays, ne sont, à vraidire^ au point de vue de Véconomie sociale^ qu'une charge pour la société, puisque actuellement^ ils consomment sans produire K •>•>
A quoi l'un de ses savants confrères, le D' Lefort, répondit, avec autant d'esprit que de bon sens :
« Si nous avons peu d'enfants, aujourd'hui, comment pourrons-nous avoir beaucoup d'adultes dans vingt ans? Est-ce que, d'ici là, par un miracle, nos fils n'auront plus d'enfance et entreront dans la vie avec la taille et les aptitudes d'un conscrit 2? »
Les paroles de Broca ont une importance réelle, en ce qu'elles démasquent la pensée de l'école des « anthropoïdistes » , qu'on pourrait croire favorable au peuplement, à tout prix, comme Pfeifer ^ etGodwin^, tandis qu'au contraire, avec les « sociologues » ou « positivistes^ », elle aspire à désorganiser la famille, tout en sachant qu'il y a beaucoup moins de fécondité, dans les unions, quand elles sont éphémères que quand elles sont durables.
Sans doute, le nombre n'est pas tout, chez un peuple : « on ne pèse ni ne mesure le patriotisme, la foi religieuse, la force morale, la capacité intellectuelle, la volonté, l'énergie... ^ ». Mais, toutes choses égales, c'est, évidemment, le nombre qui fait pencher la balance, au profit d'un peuple.
1. Discours à l'Académie de médecine (1870); avec un optimisme déconcertant, il avait écrit, en 1867, dans la Gazette des hôpitaux :
« Quant à l'état comparatif de la population de la France avec celle des autres nations de l'Europe, il n'offre que des perspectives aussi flatteuses pour notre amour-propre national que rassurantes pour notre sécurité. »