Séance du 8 janvier
4. Les périls entrevus sont : 4° la « déplorable influence » des Irlandais; 2° l'admiration inconsidérée delà jeunesse pour les Yankees et l'imitation de ces derniers; 3° l'émigration énorme dans les États de l'Union américaine.
LesCanadiensont pétitionné, récemment, auprès du Saint-Siège, pour avoir des prêtres français et non plus irlandais.
Les Boers ont aussi une fécondité incomparablement supérieure à celle des Hollandais, dont leurs ancêtres étaient issus.
L'influence du sol sur la prolilicité est vraie, si Ton entend affirmer cpie, toutes choses égales, les familles sont dans de meilleures conditions, pour se développer, là où le climat est sain, la terre assez fertile, Teau pure ; mais la main de Thomme peut transformer les éléments qui servent de base à la culture, assainir, au moyen de plantations, de drainages, une zone jusque-là nuisible ; on apprend à épurer l'eau, à découvrir des sources exemptes des produits dangereux contenus dans les rivières. Après ces métamorphoses, que reste-t-il de cet empire fatal et perpétuel qu'on suppose au sol primitif? Si, au contraire, la loi énoncée se renferme dans les limites où elle consacre les bienfaits du génie et du travail, ce n'est plus qu'une de ces vérités qui sont dans le domaine public et ne sauraient être, dès lors, le patrimoine d'une école démographique.
Tous les chiffres groupés, en vue d'établir que la vertu prolifique serait soumise à une influence de climat ou de latitude, ne sont rien moins que décisifs. La Russie, la Grèce et l'Italie ont, à certaines époques, offert des différences insensibles, pour la fécondité, quoique placées dans des conditions physiques en contraste absolu : de même pour l'Ecosse et l'Espagne, pour la Hongrie et la Norvège, pour l'Angleterre et l'Autriche.
Le seul fait scientifiquement démontré, qu'expliquent tout ensemble le bon sens et l'instinct naturel, c'est la tendance des hommes civilisés à s'agglomérer, de préférence, dans les zones où les variations extrêmes de température sont resserrées entre cer-
taines limites où elles demeurent supportables.
A l'intérieur de la France, la loi de décroissance avec la latitude, qu'avait formulée Moheau ^ , succombe devant un examen attentif^.
M. Levasseur admet la réalité de l'action qu'exercent, sur le développement de la population, les pays de montagnes ou de vallées ^.
Mais, d'une part, les exemples cités sont en trop petit nombre pour servir de base à une induction; d'autre part, des relevés faits, avec un soin remarquable, en Italie, conduisent à des résultats qui ruinent ceux dont excipe M. Levasseur'*.
On a reconnu que l'âge des époux et le temps écoulé, depuis leur mariage, influent sur les chances de procréation ^.
En examinant les chiffres, il est aisé de se convaincre que 1 âge de la mère est un facteur très important de la fécondité matrimoniale; ce phénomène porte à opérer un classement des mariées, d'après leur jeunesse relative, dans les divers pays d'Europe, et ^ rechercher s'il existe une corrélation entre la manière dont les nouvelles épouses se répartissent et le rang qu'occupe leur pays pour la fécondité.
Cette opération démontre que la Russie est la contrée où, sur 10.000 mariages, on compte le plus de filles ayant de 15 à 20 ans ; la France vient au deuxième rang; mais, dans la catégorie des filles de 20 à 25 ans, la Russie ne vient qu'en neuvième ligne et la France en cinquième.
Le groupement des mariées de 15 à 25 ans donne