‹ La populationChapitre 50 sur 127 · Kôuôsi, Revue d''économie politique · texte numérisé non relu

Kôuôsi, Revue d''économie politique

lieu de placer les nations européennes dans l'ordre ci-après : Russie, Italie, Prusse, Autriche, Angleterre, France, Suède, Belgique, Hollande.

Or, il est remarquable que ce résultat s'accorde, sauf pour la France, avec celui qu'on trouve pour le taux de fécondité; d'où il est permis de conclure que la faiblesse prolifique de notre pays tient à une cause volontaire : c'est, d'ailleurs, l'opinion généralement exprimée par les démographes de tous les pays.

Le régime alimentaire est un facteur dont l'importance se conçoit, a priori^ pour la conservation de l'individu et la propagation de la race.

Sur ce point encore, la loi de nature apparaît avec son caractère bienfaisant et régulateur.

Bienfaisant, car, sous une variété indéfinie de formes, sans culture ou sans échanges de produits, des matières assimilables se rencontrent, sauf, par l'homme, à les multiplier et à les répandre, lorsque l'état des transports et les moyens d'acclimatation le permettent.

Régulateur, puisque l'excès de nourriture provoque des troubles et des maladies parfois mortelles.

Bien loin que la fécondité augmente, avec le raffinement introduit dans l'alimentation, l'expérience prouve qu'au sein des pays où la masse de la population essaime le plus largement, on se réconforte avec simplicité, tandis que là où les habitants apportent de la recherche, dans le choix des mets, les mariages sont presque stériles.

Les Mémoires des Intendants au duc de Bourgogne

(1697-1700) attestent, chez les paysans, des habitudes

de sobriété, là où des recherches ultérieures apprirent

que les ménages étaient le plus féconds.

Depuis le xviii^ siècle jusqu'à la seconde moitié du

xix*^, on tenait pour un axiome, en France, que la sustentation normale devait comprendre la viande de boucherie \ alors, cependant, qu'un tempérament solide apparaissait, chez des populations qui, comme celles d'Allemagne, ne faisaient pas un usage fréquent du mouton, du bœuf ou du veau.

Ce préjugé s'est notablement affaibli, de nos jours, les études d'hygiène et de chimie organique ayant établi que le pain, le lait, les œufs, sont des aliments complets; que, parmi les légumes, plusieurs sont riches en phosphates alcalins ou calcaires, corps essentiellement réparateurs.

Mais le préjugé persiste, et l'on aura beaucoup de peine à l'extirper. Autant faut-il en dire de l'erreur consistant, jusqu'au fond des campagnes, à proscrire, le « pain de ménage », pour lui substituer un pain plus blanc, qui ne possède ni la même saveur, ni la même vertu nutritive ^.

On a été conduit, par des observations répétées, à se demander si l'amoindrissement de fécondité, en France, ne serait pas due, en partie, à un usage excessif du froment et de la viande ; la question a été résolue affirmativement, en comparant, dans les ressorts le plus et le moins atteints, au point de vue génésique, les consommations moyennes par tête d'habitant ^.

Enfin, si l'usage de boissons alcooliques est immémorial, on ne saurait dire qu'il ait été universel^ encore moins qu'il exerce une heureuse influence sur la fécon-

\. Voir notamment, Mémoires de l'Académie des sciences morales et j)olitiques, l'^ série, t. UI, étude de Toulongeon concernant l'inlluence du régime diététique d'une nation sur son état politique. » (2 fructidor an V.)

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