Maurel, De la dépopulation en France
dite. Ce n'est donc pas dans l'intérêt de la race que le législateur français, soit à l'époque de la Révolution^, soit il y a peu d'années^, abolit les droits intérieurs sur les consommations, ou modéra les taxes assises sur le vin, la bière et le cidre considérés comme hygiéniques j abstraction faite du degré alcoolique, de la qualité et du mode de fabrication des produits.
Or, les idées reçues, au sujet du régime alimentaire, ont des conséquences qui affectent la fécondité; en dehors de toute question dhygiène, l'emploi journalier du pain blanc, de la viande de boucherie, des boissons alcooliques, élève sensiblement le prix de la vie, exclut ou diminue l'épargne et fait envisager avec effroi la survenance d'enfants, chez de nombreux ménages dont l'équilibre financier est assuré avec peine ou qui aspirent à se former un pécule.
En outre, nul n'ignore les manœuvres multiples, fréquentes et dangereuses, usitées dans le commerce, pour écouler des viandes malsaines, des vins falsifiés. La surveillance dévolue à la police, pour prévenir ces coupables agissements, ne parvient nullement à les détruire, lorsque, d'ailleurs, des considérations politiques ne portent point à fermer les yeux.
La tempérance a des rapports directs et multiples avec la fécondité.
L'hygiène et la pathologie enseignent que les excès de nourriture compromettent l'équilibre dynamique du corps, diminuent l'activité des fonctions et transmettent des principes nocifs qui atteignent progj^essivement, de génération en génération, la puissance prolifique. La statistique a fourni, sur ce point, des données curieuses et concluantes.