Loi du 23 janvier
se multipliant, jusqu'à l'avènement au pouvoir d'un parti politique, pourlequell'excitationnerveuse, parles liqueurs alcooliques, était un instrument électoral :
Années. Oondamnations.
Ainsi, alors que la consommation individuelle d'alcool prenait un essor alarmant, l'autorité publique faiblissait, de plus en plus, dans l'exécution d'une loi tutélaire.
Le relâchement survenu ne fit qu'accélérer l'invasion de la folie; la moyenne des personnes traitées, dans les asiles, hospices ou maisons particulières de santé, s'est accrue beaucoup plus rapidement que la population générale :
Quel a été le contingent des alcooliques, dans l'ensemble des pensionnaires? Il est impossible de l'énoncer avec certitude; des inspecteurs généraux du service l'ont formellement déclaré ; le diagnostic des médecins d'asiles attribuerait indûment, parait-il, à
i. Élections du 20 janvier 187G; Chambre des députés avec majorité de gauche. M. Levasseur, op. cit., a loyalement reconnu ce qu'il y avait de factice dans les chiffres postérieurs à 1876.
d'autres causes raliénation provenant d'alcoolisme ^ On avoue 4.543 ivrognes traités en 1898, ce qui constitue, sur l'année 1888, une augmentation supérieure à bO %l Et comme, en 1879, la proportion reconnue d'alcooliques, parmi les internés, atteignait 1/6, il est clair qu'actuellement elle dépasse 1/4. En outre, dans les chiffres ci-dessus mentionnés figurent les idiots et crétins ; si on les défalquait du total, la part d'alcooliques, dans la folie proprement dite, ressortirait à 1/3.
Encore convient-il d'ajouter qu'en dehors des asiles, une foule d'ivrognes invétérés circulent librement; on ne le sait que trop, par les crimes et délits que commettent un certain nombre d'entre eux, puis par les violences auxquelles ils se livrent, mais qui échappent, en droit ou en fait, à toute poursuite.
L'alcoolisme et la folie désorganisent la famille et nuisent, par conséquent, à son essor. Dans la catégorie des artisans et ouvriers, ce trouble en amène, souvent, un autre non moins déplorable, au point de vue du respect des mœurs.
En définitive, il résulte de l'expérience acquise que la nature n'a pas restreint la fécondité, par une sélection de races, de climats, de sols, etc.; mais qu'il dépend de l'homme, par ses goûts et ses habitudes alimentaires, d'exercer une influence directe ou indirecte sur sa force génésique.
1. Rapport de MM. Constans, Duméml et Lunier au ministre de l'intérieur ('1874); la proportion de 8 ^, en 1874, semble aux rédacteurs du rapport « au-dessous de la réalité ». Mais souvent les renseignements font défaut; parfois on ne les recherche pas avec toute l'attention désirable. — Cependant « cette cause d'aliénation est des plus faciles à reconnaître et une de celles que les familles avouent sans trop d'hésitation ». L'un des médecins auteurs du document cité, trouva, pour la période 4867-4869, 42.2o ^.
Section II Causes morales.
Il est constant que, chez les peuples anciens et modernes, le sentiment religieux a exercé une influence dominante sur l'essor des familles : là où les croyances s'affaiblissent, la fécondité diminue et réciproquement^ .
Les dissidences qui se sont produites, à ce sujet, ne reposent sur aucun fondement expérimental, mais sur l'idée préconçue de nier le lien de la foi et de la prolificité dû, suivant l'heureuse expression de F. Le Play, à « la confiance dans la bonté divine^ ».
Comme il ne faut point formuler de pareilles assertions, sans les soutenir avec des preuves solides, voici le raisonnement de Guillard, inventeur du terme de démographie^ pour établir l'action néfaste des dogmes : « Le culte participe à l'immutabilité du Dieu qu'il sert; son intérêt est, par conséquent, en opposition naturelle avec le progrès ^. »
Pour que ces idées pussent s'enchaîner, il faudrait définir le progrès, sous peine de créer un grave malentendu ; or, nous l'avons dit, le progrès n'est autre chose que « l'avancement dans la culture du beau, la connaissance du vrai et la pratique du bien », ce qui suffît pour montrer combien le reproche articulé par Guillard est inepte.
Mais il est incontestable que la pratique d'un culte
1. FusTEL DE CoLLANGES, op. Cit.; SuMMER Maine, A7icient LttW ; d'AN- GEViLLE, JE'ssai suv la statistique de la population française (1836); Balduillaut, Comptes l'endus de l'Académie des sciences morales et politiques, séance du 23 août 1890,