‹ La populationChapitre 54 sur 127 · Op. cit · texte numérisé non relu

Op. cit

quelconque ne suffit pas, pour exercer une heureuse inlluence, soit sur la multiplication des hommes, soit sur le respect des enfants qu'on a engendrés.

L'infanticide était non seulement impuni, chez les Grecs et les Romains, au faîte de la civilisation, mais admis comme l'exercice d'un droit de vie et de mort du père de famille sur sa progéniture; le sacrifice était, en quelque sorte, obligatoire, à l'égard des nouveau-nés d'un aspect ou d'une conformation faisant mal augurer de sa vigueur future, pour le service de la cité^ ; Romulus permettait d'exposer de tels sujets- et la loi des XII Tables de les étouffer^.

Au iv*^ siècle de l'ère chrétienne, Lactance devait, encore, protester contre le pouvoir accordé aux pères, de tuer leurs nouveau-nés ou de les abandonner à la commisération des passants''*.

C'est vers le même temps que des Conciles^ et des Pères de l'Église ^ jetèrent l'anathème sur ceux qui continuaient les pratiques homicides, ayant pour but de se débarrasser d'enfants, au cours de la gestation ou après son achèvement ; puis, pour ôter l'excuse tirée de la misère, on créa, en grand nombre, des asiles destinés à recueillir les petites êtres exclus de leur famille '^.

Dans l'espritdu Décalogue, développé par le christianisme, la défense de détruire aucune créature humaine s'applique donc non seulement aux êtres sortis du sein de leur mère, mais à ceux qui sont en voie de forma-

\. FusTEL DE CoL'LANGEs, op. Cit.; conf. Platon, Lois.

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