Léon Lallemand, Histoire des enfants abandonnés
tion interne, aux germes destinés à la fécondation; il y a, dès lors, un dessein homicide même dans les manœuvres, appelées fraudes matrimoniales, consistant à empêcher, soit le développement de l'embryon, soit la naissance du fœtus ^ .
Et, en effet, tout se tient, dans la nature, et la vie est indivisible; l'homme n'a reçu aucun pouvoir de l'étouffer, pas plus à ses débuts qu'à sa fin; ses efforts, pour l'arrêter, sont donc criminels, par l'intention comme par les résultats.
De telles entreprises sont inconnues chez les animaux, et présentent dès lors le caractère d'actes contre nature ; elles étaient sévèrement punies par les lois des diverses peuplades qui envahirent l'Europe occidentale, au V® siècle ^; encore ces attentats, chez eux, furent-ils, peut-être, l'effet du contact avec des populations corrompues, car Tacite représentait les Germains comme ayant des mœurs irréprochables ^.
Avec la décadence morale et la réintroduction de l'esprit païen, au xv® siècle, il y eut un retour alarmant à l'infanticide, mais non à Vavortement; on constata, en France, que ce crime était fréquent et qu'il y avait difficulté de condamner les mères coupables, quand elles alléguaient la venue d'enfants morts-nés. Afin de prévenir, par voie de surveillance, tout attentat, il y eut ordre, aux veuves et filles, de déclarer leur grossesse, sous des peines terribles '* ; malgré des exemples de rigueur ^, cette mesure paraît être restée sans effet sur les mœurs.
\. Genèse, xxxviii, l-lO.