De moribus Germanorum
4. Éditde février ioo6 et Déclaration du 2G février 1708. î>. Arrêt du Parlement de Paris du 12 février 1731.
Sur la foi d'un article inséré dans l'Encyclopédie Panckoucke (1783)
Deux cents ans après, on était plus raffiné, dans les luttes criminelles contre la fécondité : au lieu de ravir la vie à un petit être naissant, on s'efforçait de ne point la produire. Cette manière de procéder s'introduisit, d'abord, semble-t-il, au sein de la bourgeoisie, alors qu'au xvii*^ siècle la fameuse affaire des poisons n'avait révélé l'usage des avortements que parmi les gens de cour K En 1764, dans la généralité de Bordeaux, le subdélégué de l'Intendant, à Nérac, constatait une grande fécondité, chez le peuple ; à l'égard des individus de condition moyenne il disait : « Ceux... qui se marient ont peu d'enfants ; en sorte qu'il semble que ces époux, encore jeunes, après avoir eu un ou deux enfants, aient fait un vœu naturel de chasteté ; se contiendraient-ils y pa7' la crainte d'avoir des enfants pauvres^ en les multipliant'^? »
Ce qu'on énonçait, dans les lignes précédentes, sous la forme interrogative, était affirmé, comme un fait positif, vingt ans plus tard, en Normandie, par un témoignage sérieux et autorisé. « On n'ignore pas, écrivait un curé à l'évêque de Bayeux, que, dans les villes, parmi les grands et les riches, il règne, dans les mariages, une fraude qui s'oppose à la population; ce désordre commence à s'étendre jusqu'aux campagnes ^. »
Le même fait fut articulé, vers la même époque, en
par Du Bois de Rochefort, curé de la paroisse St-André des Arts, à Paris, M. Schône {op. cit.) assure qu'au xviii'' siècle l'infanticide était fort commun dans les campagnes; le fait paraît peu vraisemblable. Ce qui ressort seulement des mesuresprises, alors, pour réjjandre l'art des accouchements, c'est l'ignorance et la brutalité avec lesquelles on délivrait les paysannes; il en résultait, sans doute, de nombreux cas de mort que la malice ou la légèreté imputait à crime. 4. Peuchet, Mémoires secrets tirés des Archives de la police.