Loi du 28 mars
qu'on pensait de nature à circonscrire les opérations aléatoires, n'a point été un rempart, pour défendre la probité publique contre les assauts des spéculateurs : ceux-ci trouvèrent toute latitude, pour se mouvoir, en dehors des officiers ministériels.
On ne s'en est pas tenu à la validation de tripotages financiers : le pari mutuel, sur les chevaux de courses, a pris place parmi les conventions lég-alesi^ au lieu d'être interdit, comme auparavant, à titre de pur jeu de hasard. Le sort de nos races chevalines était lié indissolublement, paraît-il, à cette reconnaissance de trafic. Quant à l'espèce humaine, il n'importait de la voir se dégrader, en poursuivant des profits honteux. Toujours est-il que ce mode de spéculation est devenu rapidement populaire; qu'un grand nombre de débitants, dans les divers quartiers de la Capitale, ont reçu clandestinement des paris et servi de complices à certains escrocs qui recueillaient les sommes versées.
Une longue expérience le prouve : « l'état matériel des sociétés est ou devient bientôt conforme aux doctrines qui s'agitent, dans le monde supérieur des intelligences... des idées aux faits... il n'y a que la distance de quelques degrés rapidement franchis par les passions... Le monde des intelligences n'est jamais sans doctrines, et ces doctrines ne sont jamais sans se traduire bientôt en événements 2. )>
« A la fin du xv® siècle , il survint une sorte d'interrègne plein de confusion et de désordre, entre le Moyen Age, qui achevait de mourir, et les temps modernes. La société manquait d'équilibre... deux