Auguste Nicolas, Du Protestantismem
choses fortement liées l'une à l'autre, au Moyen Age, s'affaiblissaient de plus en plus : la foi et la morale... La société, habituée à faire de la foi la seule mesure de la morale, allait être livrée à toutes les ardeurs de ses passions impétueuses^. »
La jeunesse, en Allemagne 2. comme en France et en Italie, s'était éprise de l'antiquité, de la vie sensuelle et raffinée des anciens ; le luxe de la table et des vêtements gagna bientôt toutes les classes sociales^.
Quand vinrent les guerres civiles et internationales, la misère se fit donc sentir avec d'autant plus d'intensité que, d'une part, on avait dissipé ses ressources et que, d'autre part, les privations semblent d'autant plus dures qu'elles succèdent à la somptuosité.
11 y a lieu de présumer, dès lors, que, dans la seconde partie du xvi® siècle, les mariages furent moins féconds qu'antérieurement.
La Renaissance avait emprunté au paganisme sa littérature, son esthétique et ses mœurs; le xvii^ siècle rechercha sa philosophie. Bacon, Descartes, Gassendi, Spinoza, Hobbes, Locke et Bayle firent, dans les esprits cultivés, une révolution aussi profonde que celle qu'avaient consommée Zwingle, Luther et Calvin. Un vent d'incrédulité souffla sur la haute société; Saint-Yon, l'un des médecins de Louis XIV, faisait montre d'athéisme^ ; de Châteauneuf, parrain de Voltaire, et de Chaulieu, surnommé « l'Anacréon du Temple », groupaient et grossissaient la
i. Gaston Feugère. Érasme.