EspiNAS, Les colonies animales
4. Olbis (an ViO). Ce petit livre renferme, dans la note F, une référence à Destult de Tracy, dont voici le langage suggestif :
« Personne, malheureusement, ne peut nier que, depuis quelques années, en France, les crimes sont plus nombreux, les passions plus exaspérées, les malheurs particuliers plus multipliés; en un mot, que le désordre de la société est plus grand qu'auparavant. »
De Tracy proteste contre l'idée que la Révolution ait « démoralisé » la nation. Les mœurs ne changent pas instantanément; mais il avoue que « les troubles intérieurs et extérieurs », en accroissant les besoins de l'État, ont augmenté « les désordres de l'administration et diminué l'action des lois répressives, dans le moment où elles étaient le plus nécessaires. - La pratique de la morale s'est détériorée, quoique sa théorie se perfectionnât »; ce ne devait être que « momentané ».
cation sérieuse, sans portée efficace; chaque individu ramène tout à lui et son intérêt devient la mesure de sa sociabilité, de ses agissements.
^lais Texpérience universelle apprend ce que valent de telles aberrations, et le succès qu'elles obtiennent suffirait seul pour expliquer le trouble profond de notre état social et le déclin continu de notre fécondité.
Section III Causes économiques.
Les besoins de l'homme sont absolus ou relatifs : absolus, en tant qu'ils protègent et entretiennent la vie physiologique; relatifs, en tant qu'ils satisfont des désirs variables, selon l'âge, la condition et autres circonstances propres, soit à chaque individu, soit à chaque époque.
L'instinct de la conservation s'impose à toute créature : l'attrait des plaisirs et des richesses comporte une résistance qu'on peut exercer, dans une mesure qui dépend des goûts, des moyens, de la conscience et de l'énergie.
Il n'échet de considérer ici que les besoins normaux, permanents comme les substances et les fonctions qui se rapportent au corps humain.
Certes, un grand intérêt s'attacherait à suivre, chez les principaux peuples de l'Europe, le mouvement qui représente l'effort fait, dans le but d'adapter les ressources familiales au prix des choses que nécessite impérieusement l'existence; mais cette tâche, pour être accomplie avec unité de ^ales et de méthode, avec
fruit, par conséquent, exigerait l'entente d'assez nombreux collaborateurs appelés à diriger leurs recherches dans le même sens et à recueillir des matériaux similaires. A défaut d'un tel concours, et malgré les tentatives isolées de certains économistes, pour dresser des budgets de famille ', il paraît prudent de ne point admettre, les yeux fermés, le cadre et les chiffres fournis.
Dans notre propre pays, la tâche ne serait pas moins délicate, pour le passé; onnepeut suppléer aux indications qu'elle procurerait que par des données susceptibles de fixer l'esprit sur la marche ascensionnelle des dépenses, pour la masse des habitants de la France.
Avant la fm du xv"^ siècle, le cours des denrées et marchandises ne subissait de variations que sous l'influence accidentelle des intempéries ou des guerres, qui entraînaient la destruction ou l'enlèvement des matières premières, à l'état, soit de fruits et semences, soit de provisions. Depuis le règne de François P% les entraves fiscales, se greffant sur la dépréciation du numéraire, par suite de la découverte des mines d'Amérique, firent renchérir toutes choses^.
La consommation quotidienne des ouvriers et gens de travail était estimée à 36 onces de pain, y compris celui de la soupe ^, et, pour une famille composée du père, de la mère et de quatre enfants, à 9 livres-poids.
Or, d'après les mercuriales officielles des Halles de
4. Plusieurs de ces budgets ont été reproduits par nos agents diplomatiques, dans leurs réponses au questionnaire adressé, par le ministre des affaires étrangères, relativement aux conditions du travail en Europe (4890).
2. BoDiN, Discours sur le rehaussement et la diminution des monnaies.