Archives nationales Hi
3. Achives nationales : Fii 223 ; lettre du 28 novembre 1771.
4. Ibid., lettres des 28 octobre et 16 décembre 1771 adressées par de Gourgue et Amelot, Intendants à Montauban et à Dijon.
5. Voir Revue d'Économie politique, année 1895; reproduction, par M. Paul Beauregard, du budget d'un ouvrier tisseur d'Abbeville, en 1764; ce document a été mis en forme par un membre de la Société d'économie sociale, M. d'Orval, descendant de Jacques Hecquet, gendre de Jacques Homassel, cessionnaire, en 1690, du privilège accordé, par Lettres patentes de mars 1667, à Philippe Leclère, pour fabrication de moquettes façon de Flandre.
M. Beauregard en déduit que l'ouvrier pouvait économiser les 5/i2 de son salaire nominal. Mais le calcul n'est pas exact, car il suppose, tout ensemble : l^la livre tournois, en 1764, ne valant que 1 fr. ; 2° le pouvoir de l'argent, rapporté à 1885, égal à 2,5. Or, d'après l'.lZmanach des monnaies de 1785 et un document déposé aux Archives
En 1787, TAssemblée provinciale du Berry faisait entendre des doléances accusant les exigences des ouvriers ^
Une enquête officielle tend à faire ressortir qu'en 1790 le salaire des journaliers ruraux était, d'ordinaire, de 19 sols ^; néanmoins, dans une pensée purement politique, l'Assemblée Constituante laissa toute latitude aux corps administratifs, pour le calculer à un chiffre plus minime, afin de grossir le nombre des citoyens payant une cotisation fiscale qui leur conférât l'aptitude électorale (valeur de 3 journées de travail) ^. Tout en proclamant que le taux de 20 sols était un maximum^ elle déclara « ne rien changer ni préjuger, relativement au prix effectif plus fort qu'on
nationales (K. 899), le titre monétaire, de 4726 à 1773, ferait ressortir la livre tournois, pendant cette période, à 1 fr. 076. D'autre part, M. de Foville a établi, définitivement, que de 1820 à 1870, le prix de la vie avait doublé, et comme il y a eu renchérissement: 1° de 1764 à 1820, 2° de 1870 à 1885, c'est par 3 et non 2,3 qu'on doit multiplier les chiffres fournis par M. d'Orval.
1. Procès-verbaux, t. n, 112, 120, « Ils veulent gagner, en un jour, de quoi vivre, sans rien faire, durant plusieurs jours... Les cultivateurs sont les esclaves de leurs valets et reçoivent, comme un bienfait, le peu de travail qu'ils en obtiennent;... les gages de ces hommes... renchérissent, d'année en année. » — Conf. l°Arcli. nat. K. 1211; lettre du gouverneur du Roussillon (1783); 2° Pigeonneau et de Foville, LAgriculture au Contrôle général des Finances.
2. BiOLL.vY, Le prix de la vie en 1790. Dans la Revue d'Economie politique {1896), où il a étudié «la hausse des salaires, au xix« siècle», M. Paul Beauregard fixe la rémunération des ouvriers agricoles, en 1789, à Ofr. 70 ou 0 fr. 80 centimes; il admet un coefficient de 2, 3, pour le pouvoir de l'argent en 1764; à supposer qu'ill'applique à 1789, ce serait donc, comme moyenne, 0 fr. 73 x 2, 5 = 1,823 que représenterait, de nos jours, le salaire présumé. L'enquête publiée par M. Biollay montre l'insuffisance de cette évaluation, qu'il faut porter àO fr. 93 X2,3=:2 fr. 373; or, M. Beauregard admet qu'en 1880 le salairenormal des ouvriers agricoles était de 2 fr. 32 ; il y a donc équiva lence avec celui de 1789; mais cela contrarie les vues des économistes qui ont le parti pris de soutenir qu'avant la Révolution le peuple mourait de faim et de misère.
3. Séance de l'Assemblée du 15 janvier 1790; pétition de la municipalité de Troyes; discours de Barnave, Target et Le Chapelier; Conf. Rapport de Dupont de Nemours du 10 février 1791.
a coutume de payer les journées, dans divers lieux ^ ».
Ainsi, avant la liberté d'exportation des blés (1764), deux faits indéniables s'étaient produits, au xyiii*" siècle : l'abaissement du prix habituel des blés et l'élévation du taux général des salaires les plus modestes^; parla suite, le renchérissement de la maind'œuvre fut corrélatif à celui des grains.
Cependant, les chiffres recueillis, antérieurement à 1760, prouvent que la fécondité, mise en parallèle avec celle qui semble avoir existé, à la fin du xvii*" siècle, annoncent un déclin presque continu, et, en quelque sorte, proportionnel au relèvement des salaires.