‹ La populationChapitre 78 sur 127 · Op. cit., liv. III, ch. n · texte numérisé non relu

Op. cit., liv. III, ch. n

2. Vicomte Philibert d'UssF.L, La dcmocratieet ses conditions morales, ouvrage couronné par l'Institut et dont Caro fit un chaleureux éloge.

3. Dans l'étude qu'a publiée l'Économiste français, les 20et27 septembre 1890, M. Paul Leroy-Beaulieu appelle civilisation « le développement de l'aisance, de l'instruction, de l'égalité, des aspirations à

Il serait puéril, pourtant, de nier l'action restrictive qu'exerce le progrès sur l'esprit de sacrifice, et, par suite, sur la fécondité. « Plus on utilise la matière, plus les objets qui éveillent l'attention et excitent la convoitise se multiplient; or, non seulement les forces du corps humain ne grandissent pas avec le développement de la civilisation, mais leur énergie est affectée, par les épreuves croissantes auxquelles les soumettent la variété, la fréquence et l'intensité des sensations, mouvements et perceptions ^ »

« Tout accroissement, dans la puissance donnée à l'homme, sur la nature extérieure, appelle donc un contrepoids moral, sans lequel l'équilibre se trouve promptement rompu, entre les nobles aspirations de l'esprit et les grossiers appétits du corps ; le mal, que chaque individu est à même de faire, s'étend et s'aggrave, en raison du nombre et de la force des moyens dont il dispose, pour satisfaire les instincts brutaux ^. »

La civilisation peut réagir sur les naissances, non seulement par une série d'écueils qui en dérangent l'équilibre, mais encore par le mode d'emploi, même utile, de l'activité et des richesses^.

s'élever et à parvenir », qu'il considère comme ayant pour résultais d'affaiblir la natalité.

Nous croyons beaucoup plus correct de définir ainsi la civilisation : r « état dans lequel un peuple possède le sens du beau, la connaissance du vrai et la notion du bien ». Ni l'aisance, ni l'égalité, ni l'ambition et l'envie ne sont des éléments essentiels, au sein d'une société où règne la civilisation.

1. L'évolution et les trois formes de la féodalité, par l'auteur du présent ouvrage.

2. Histoire de l'enseignement libre, par l'auteur du présent ouvrage. 3 « Ce n'est... pas la civilisation proprement dite qu'il faut accuser,

mais les écarts de toutes sortes qui naissent et grandissent avec elle... Et ne faut-il pas reconnaître que, faire marcher d'un pas égal la civilisation matérielle et la civilisation morale, semble être recueil

Sans vouloir ni renverser ni affaiblir ce qui a été dit au sujet du déclin survenu dans la fécondité matrimoniale, depuis le xvi® siècle, on ne saurait se dissimuler que le phénomène signalé a pu être aussi, dans une certaine mesure, la conséquence d'une triple évolution :

1° La baisse périodique du revenu des terres et de l'intérêt de l'argent tombés, l'un et l'autre, de 12 à 4 ^ , en moins de trois siècles ;

2° Le développement progressif de la fortune mobilière et les désastres qu'elle a subis (banque deLaw, tiers consolidé, ruine de nombreuses sociétés par actions) ;

3° Les vicissitudes monétaires, depuis la Renaissance (brusque introduction d'une masse énorme de numéraire provenant des mines du Pérou ; fréquence des changements, dans les titres d'espèces d'or et d'argent ; exploitation croissante des gisements ; monométallisme appliqué en Allemagne, depuis 1873 ^).

Adam Smith, quoique favorable à l'essor du commerce et de l'industrie, n'en a pas moins reconnu, dans les passages suivants, que la consistance des biens n'est pas indifférente, pour maintenir l'état des familles :

« Je ne puis m'empêcherde faire ici une remarque,

sur lequel paraissent fatalement destinées à sombrer la raison de l'homme et les civilisations? »

(Rapport au Ministre de l'intérieur, par les docteurs Constant, Du- MÉNiL et LuNiER, iuspecteurs généraux des établissements de bienfaisance, 4874.)

1. Sur ce dernier point, consulter Alphonse Allard, directeur de la Monnaie de Bruxelles, Dépréciation des richesses ; crise qu'elle engendre; maux qu'elle répand; souffrance qu elle provoque dans les classes laborieuses. — Ce travail fit l'objet d'une lecture à l'Académie des sciences morales et politiques de l'Institut et y provoqua de vives contradictions, de la part de MM. Frédéric Passy, Paul Leroy -Beaulieu, Emile Levasseur. Mais 31. de Laveleye réfuta les objections des académiciens, dans une lettre adressée à M. Allard.

(lit-il : c'est qu'il est très rare de trouver, dans des pays commerçants^ de très anciennes familles qui aient possédé, de père en fils, pendant un grand nombre de générations, un domaine considérable. Il n'y a, au contraire, rien de plus commun^ dans les pays qui ont peu de commerce, tels que le pays de Galles ou les montagnes d'Ecosse.

« Dans des pays où un homme riche ne peut dépenser son révenu qu'à faire vivre autant de gens qu'il en peut nourrir, il n'est pas dans le cas de se laisser aller trop loin, et il est bien rare que sa bienveillance l'emporte au point de lui en faire entretenir plus qu'il ne peut. Mais, dans les pays où il a occasion de dépenser sur sa personne les revenus les plus considérables, il arrive souvent que sa dépense n'a pas de bornes, parce que, souvent, sa vanité ou son amour pour sa personne n'en a aucune. C'est pourquoi, dans les pays commerçants, il arrive rarement que les richesses demeurent longtemps dans la même famille ^ . »

Même au sein des populations rurales, l'amoindrissement de fécondité semble avoir été, dans certaines provinces, aux xviii^ et xix^ siècles, corrélatif au désir, de plus en plus vif, des paysans de se rendre maîtres du sol ^ et, pour atteindre leur but, d'éviter les charges afférentes à l'éducation des enfants.

Page 1