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Or, J.-J. Rousseau, l'apôtre par excellence de \apu7'e démocratie, reconnaît que celle-ci ne peut fonctionner qu'en étant circonscrite à un petit territoire \ sans quoi il faut que le peuple délègue le pouvoir suprême et abdique, en fait, l'exercice de ses prérogatives essentielles ci permanentes. C'est donc par un abus des mots qu'on appelle démocratie le système politique dans lequel les citoyens n'ont d'autre rôle que le choix périodique des législateurs et membres d'assemblées locales.
Le terme de démocratie s'étend à l'état politique dans lequel, par une fiction doctrinale, des individus, très inégalement pourvus d'intelligence, de savoir, d'expérience et de moralité, se trouvent placés sur le même pied, pour l'exercice des droits électoraux. Cette parité civique, loin de satisfaire l'amour-propre de la masse des citoyens, inspire l'ambition d'effacer les causes subsistantes d'inégalité : en briguant et obtenant les suffrages, on est censé avoir un mérite de premier ordre et posséder toutes les connaissances que suppose l'investiture conférée; en faisant fortune, par tous les moyens, qu'ils soient ou non corrects, on s'assure des hommages plaçant au-dessus de la condition commune ceux qui les reçoivent.
« L'asage habituel du principe d'égalité en développe outre mesure le sentiment.
a Les Sociétés aristocratiques... sont accusées... de ne pas faire au mérite une part suffisante... Les démocraties qui, pour éviter cet inconvénient, n'admettent pas la hiérarchie des rangs sociaux, arrivent... au même résultat, par une autre voie : la promotion des indignes...