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Jules Bauni, La morale dans la démocratie

séducteurs du peuple , affranchis de scrupules , appuient leur influence sur les mauvaises passions, qu'il demeure toujours facile de répandre et d'exciter, parce qu'elles trouvent un ferment naturel dans le levain déposé, au fond du cœur de l'homme, et qui devient actif, dès qu'on rejette les moyens propres à le neutraliser.

Les réflexions précédentes permettent de comprendre, sans peine, pourquoi, au point de vue économique, la démocratie est nuisible au développement de la population ^

Elles sont confirmées par les exemples des républiques américaines et française. Les Etats du Nouveau Monde se sont formés avec des éléments plus ou moins corrompus, où les mœurs des tribus domptées se combinèrent avec celles des nations conquérantes.

Quant à la France, on ne crut possible de la faire vivre sous la démocratie qu'à la condition de répudier ses meilleures traditions morales et civiles.

D'ailleurs, le déclin de la fécondité, dans notre pays, a persisté, pendant tout le xix® siècle, avec diverses formes de gouvernement. Il serait donc contraire à l'évidence de l'imputer aux institutions démocratiques.

D'après le docteur Bertillon ^ père, ce serait, au contraire, l'aspiration des masses populaires à la « bourgeoisie », « toujours circonspecte, en fait de progéniture », qui, dans notre pays, aurait restreint la fécondité; d'ailleurs, ajoute-t-il, comme la civilisation, le savoir et la richesse augmentent les besoins individuels, il y aurait un instinct naturel à compen-

1. Société d'économie politique; séance du :> janvier 1897; observations de MM. Paul Leroy-Beaulieu et Levasseur.

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