‹ La population du département du Rhône: Son évolution depuis le début du XIXe siècleChapitre 17 sur 71 · ANT · texte numérisé non relu

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Il résulte de ces détails qu’en ville une famille d'ouvriers dépensait en général, en 1836, les trois quarts ou environ, de son salaire pour sa nourriture et son logement, tandis qu’un seul homme pouvait n’y pas employer plus de la moitié du sien. On en conclura, si l’on compare cette position à celle des tisserands d’autres fabriques, et si l’on a égard à la fréquence plus grande de l’inconduite chez ces derniers, que ceux de Tarare ne sont pas les plus misérables ; et cependant ils ont assez rarement pour vivre d’autres ressources que leurs salaires.

Mais les tisserands des villages, surtout ceux de la montagne, travaillent tous à l’agriculture, au moins pendant les récoltes ; et un très grand nombre, qu’ils soient ou non propriétaires de la maison qu’ils habitent, d’un jardin ou d’un peu de terre, ne tissent que pour occuper les moments que leur laissent libres les travaux des champs.

Si l’on résume l'impression qui se dégage des observations de Villermé, et les conclusions que luimême tire de la comparaison entre les ouvriers de Tarare et de Lyon et ceux qu’il a vus dans les autres régions de la France, on voit que cette comparaison est à l’avantage du département du Rhône.

« Les tisserands de la Fabrique de Tarare m'ont paru plus laborieux, plus sobres, plus économes, de meilleures mœurs et de meilleure santé que ceux des autres fabriques. »

Quant aux ouvriers en soieries de Lyon, leur position est la meilleure. « Ils sont mieux vêtus, mieux logés, mieux nourris qu’un très grand nombre d’au-

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