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important de capitaux et de relations internationales. Une bonne partie de ces capitaux s’employèrent à la constitution sur place d’une importante et variée industrie de transformation.
a) La métallurgie.
L'industrie métallurgique est celle qui devait bénéficier du développement le plus rapide, surtout à partir de la deuxième moitié du xix° siècle. Si l’éloignement relatif des mines devait écarter de Lyon toute industrie primaire de métallurgie (les hautsfourneaux de Givors, quoique dans le département du Rhône, se rattachant plutôt à l’économie de la région de Saint-Etienne), la ville devait par contre se tailler une place de premier rang dans le domaine des constructions mécaniques et métallurgiques. La concentration industrielle du xix° siècle, le développement formidable de la force motrice créent aux industries naïssantes des besoins considérables de machines à vapeur ; des ateliers de constructions de machines et de chaudières surgissent de toute part à Lyon et dans la banlieue (Vaise, Saint-Fons, Oullins). L'industrie de la teinture et les industries chimiques amènent par le même phénomène le développement de la chaudronnerie en fer et en cuivre. D’autre part, « de tous temps tournée vers l’exportation par les traditions de l’industrie soyeuse, lactivité lyonnaise a pris une large part à l'aménagement économique des pays d’outre-mer. Ce sont les usines
lyonnaises qui ont livré les premières dragues et les
premiers excavateurs utilisés pour le creusement du
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canal de Suez (1869), de l’isthme de Corinthe (1893), du canal de Panama (1880-1902-1914), des grands ports de l'Amérique du Sud. De nombreux ateliers de constructions (charpentes, ponts, machines à vapeur, bateaux, machines agricoles, matériel de chemin de fer, balances, câbles, aiguilles et épingles, etc), occupent, vers 1895-1900, plus de 12.000 ouvriers distribuant 15 millions de salaires annuels et faisant un chiffre de production de plus de 75 millions. A partir de 1900, naissent de nouvelles branches de la métallurgie, telles que l’industrie électrique (Etablissements Visseaux) ; lindustrie automobile lyonnaise jouit à la veille de la guerre d’une large réputation (Berliet, La Buire, Cottin-Desgouttes, Vermorel, Pilain, Rochet-Schneider, Carburateur Zénith). Disposant, en raison de l’industrie de la soierie, d’une clientèle riche et étendue, la place de Lyon développe largement une autre industrie de luxe : celle de la bijouterie et de l’orfèvrerie ; elle fait vers 1895, avec ces articles, un chiffre de 35 millions et se vante de posséder la première maison d’orfèvrerie religieuse du monde. En 1911, les industries métallurgiques ordinaires emploient 24.000 individus, et les industries de la bijouterie, orfèvrerie, gravure, en emploient 2.500.
b) L'industrie chimique.
L'industrie chimique fut sollicitée de bonne heure à Lyon par le voisinage de pyrites de Saint-Bel, ainsi
que par la nécessité d’approvisionner en colorants les ateliers de teinture. Lyon fut toujours en tête du
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progrès scientifique et technique dans ce domaine. En 1831, Guimet avait découvert l’outremer artificiel, ce qui devait être une véritable révolution et l’origine de l’industrie des colorants chimiques ; en 1836, Michel Perret avait inventé son nouveau four à griller les pyrites, qui permettra d'obtenir l’acide sulfurique à partir du minerai de Saint-Bel. En 1818, Jean- François Coignet avait fondé, à Saint-Rambert-lIle- Barbe la première usine de traitement des os par Pacide chlorhydrique, usine qui devait par la suite être transportée à Saint-Fons ; et l’on a pu dire que, depuis lors, « la chronologie des fabrications inaugurées dans les usines Coignet est aussi le calendrier des découvertes dans l’industrie de la gélatine et du phosphore (1818 : invention de la colle d’os par acidulation ; 1822 : colle à l’autoclave ; 1837 : colles de peaux ; 1838 : phosphore blanc ; 1848 : phosphore amorphe ; 1858 : allumettes au phosphore amorphe ; 1869 : allumettes au phosphore blanc ; 1872 : superphosphate d’os et engrais composés ; 1879 : phosphure de calcium ; 1900 : acide phosphorique pur ; 1904 : phosphate de soude ; 1905 : biphosphate de chaux) ». Les répercussions de ces découvertes devaient être considérables dans le domaine de la fabrication des colles, des engrais, des produits pharmaceutiques. C’est surtout à partir de 1875-1880 que le développement de l’industrie chimique devient particulièrement intense dans la région lyonnaise. Vers la fin du xix° siècle, elle traite déjà tous les genres et sa production est évaluée à 80 millions de francs. Dix usines traitent les os et les débris de peaux ; les *
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seules stéarineries et savonneries font un chiffre de 10 millions. Divers établissements produisent l’acide picrique (5 millions de francs par an) et l’acide tartrique (2 millions). L'usine de la Compagnie de Saint- Gobain, à Saint-Fons (suite de l’ancienne affaire de Michel Perret), fabrique pour 17 millions de francs d'acide sulfurique, acide chlorhydrique, sulfates de fer et de cuivre, sels de soude, engrais. La production lyonnaise des produits pharmaceutiques est alors évaluée à 6 millions, dont 4 à 5 millions sont exportés. Vers la fin de 1870, Antoine Lumière quitte Besançon pour Lyon où il créera en 1880, à Monplaisir, l’usine qui devait acquérir une telle renommée dans la fabrication des produits photographiques.
Le développement s'accélère à partir de 1901 ; en 1903, la Compagnie de Saint-Gobain crée à Pierre- Bénite la première fabrique française d’anhydride sulfurique (matière utilisée pour beaucoup de colorants). Une importante usine appartenant à la firme allemande Badische Anilin et Soda Fabrik de Ludwigshafen s'établit à Saint-Fons à la même époque. À la veille de la guerre, les industries chimiques faisaient vivre dans Lyon et sa banlieue plus de 8.000 individus.
c) Les diverses industries urbaines.
Le développement de la grande industrie est accompagné d’une floraison de ces nombreux arts annexes qui suivent la croissance des grandes villes ; ces industries occupent une main-d'œuvre de plus en plus nombreuse : bâtiment, alimentaion, confec-
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tion des vêtements, fabriques de chapeaux, ateliers d'imprimerie, travail des cuirs et peaux, menuiserie, etc. Les activités n’offrent pas un caractère général de concentration, mais elles suscitent cependant la naissance de quelques établissements pouvant rivaliser quant au nombre des ouvriers employés et au développement de la technique avec la métallurgie ou l'industrie chimique (brasseries, fabriques de pâtes alimentaires, tanneries).
IT. — L'accroissement de la population du département
Alimenté par la seule immigration, qui doit aussi combler les vides dus aux déficits de naissances, le mouvement d’accroissement de la population est, à partir de la fin du deuxième Empire, en étroite corrélation avec le développement économique dont nous venons de remarquer les principales caractéris-
tiques.
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tu recensement “recensement LORS. 670.000 1870 ERP, 705.000 5,2 % SSL Se 741.000 5,1 ASSORTIE, 773.000 4,3 LATÉRAL 807.000 4,3 1896 HUE 839.000 3,9 LOORNEEUAEE 843.000 0,4 LOS AT RENNS 859.000 1,8
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Jusqu’en 1896, cet accroissement est régulier et de l’ordre de 4 à 5 % de la population totale d’un recensement au suivant. Entre les recensements de 1896 et de 1906, le rythme se ralentit sensiblement, symptôme du changement de front d’activité économique. Il reprend ensuite plus fort de 1906 à 1911.
Comme on peut le penser, l’accroissement se fait presque entièrement au profit de Lyon et sa banlieue et dans une très faible mesure au profit des autres centres manufacturiers.