‹ La population du département du Rhône: Son évolution depuis le début du XIXe siècleChapitre 23 sur 71 · L’ACCROISSEMENT DE LA POPULATION DE L'AGGLOMÉRATION LYONNAISE · texte numérisé non relu

L’ACCROISSEMENT DE LA POPULATION DE L'AGGLOMÉRATION LYONNAISE

Le fait le plus marquant de cette période quant au peuplement de Lyon, c’est que la ville voit changer peu à peu et en même temps l’objet et le cadre de son activité. Deux faits sont connexes : essor des industries urbaines, d’une part ; migration de la ville dans la plaine dauphinoise, d’autre part. Le centre de lPactivité urbaine, qui avait été au temps des Romains sur les pentes de la colline de Fourvière, puis au Moyen-Age dans les quartiers Saint-Georges et Saint-Jean (toujours sur la rive droite de la Saône), s'était transféré peu à peu dans la Presqu'Ile. A partir du Second Empire, tout le développement de la cité se fait dans les quartiers de la rive gauche du Rhône, prolongés par les communes du canton de Villeurbanne. C’est ce que met bien en évidence le tableau suivant qui résume le développement de la population du vieux Lyon (1%, 2, 4 et 5° arrondis-

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sements, c’est-à-dire tous les quartiers de la rive droite du Rhône) et du nouveau Lyon (Brotteaux, Guillotière, canton de Villeurbanne).

Années Vieux Lyon Nouveau Lyon 1896100 2 OU 83.000 SO EAU 218.000 143.000 1886 0240000 190.000 1896651507 242.000 257.000 LOTLEPRERRS 248.000 339.000

Le 1” et le > arrondissement urbain (Presqu’Ile), qui comptaient respectivement 60.000 et 75.000 âmes en 1856, se retrouvent à des chiffres sensiblement voisins en 1911 (59.400 et 78.000), après être passés par un maximum en 1891 (67.600 et 82.500). La saturation de peuplement de ces quartiers peut donc être considérée comme complète et même une certaine tendance au dégorgement se manifeste.

Le 4 arrondissement (Croix-Rousse), dont le développement avait été si rapide pendant la première moitjé du xix° siècle, voit également le chiffre de sa population se stabiliser (33.000 habitants en 1856, 35.000 en 1901). Cette stagnation est due à l'arrêt progressif de l’activité des métiers sur le « plateau » dont la population industrieuse ne se renouvelle plus. Elle sera remplacée surtout, à partir de 1880, par une population d'employés ayant leurs occupations dans le centre de la ville, que l’on peut voir chaque jour descendre ou monter les pentes de la colline aux< heures d’ouverture ou de fermeture des bureaux. En

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1911, grâce à cette population nouvelle, le chiffre de la population du 4° arrondissement est remonté à 41.300 habitants.

Le 5° arrondissement comprend les quartiers très différents, quant à l’ancienneté et à la nature du peuplement, de Saint-Georges, Saint-Jean, Saint-Just, Saint-Paul et Vaise. C’est ce dernier quartier, récent et industriel, qui se développe, mais sur un rythme ralenti (Etablissements Visseaux, Cirages Français), tandis que les vieux quartiers, bien déchus de leur prospérité du Moyen-Age, voient leur densité de population diminuer peu à peu, au grand bénéfice de l'hygiène et de la salubrité. Au total, la population de cet arrondissement, qui était de 53.000 âmes en 1856 et de 52.000 en 1876, remonte à 59.000 en 1901, puis à 69.000 en 1911.

Limitée au nord et à l’ouest par les barrières des collines aux pentes abruptes, l'expansion de Lyon va donc se faire dans la plaine de l'Est. Nulle limite de ce côté à l’expansion progressive de la cité.

« Au delà du Rhône, retenu captif entre les solides murailles de ses quais, Lyon s’achemine du côté de PEst à travers la plaine que limite seule à l'horizon la silhouette lointaine des montagnes dauphinoises. Et de même que sous l’ancien Régime son avenir fut assuré par des facteurs économiques importants, l'imprimerie, les foires, la soierie, c’est encore un facteur économique puissant, la grande industrie, qui commande actuellement ses destinées. Grâce à elle, les communes limitrophes, Villeurbanne, Saint-Fons, Vénissieux, dominées par les hautes cheminées de leurs usines, se soudent peu à peu à la grande cité

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dont elles sont les satellites, bien que, comme jadis la Guillotière et les Brotteaux, elles soient administrativement séparées. »

La croissance des divers quartiers en communes ne se fit pas sur le même rythme, comme le montre le tableau suivant :

Années 1856 1876 1886 1896 1911 3° arrondiss. ..: 72 78 104 145 182 6° arrondiss. ... 72 46 62 78 93 Villeurbanne ... 5,3 9 14,7 21,7 42,5 Vénissieux . . .. 3,7 02 5,9 3,4 4,9 Saint-Fons...... 4,2 6 BOAT AE 1 2,2 vu] 2,7 4,2

Vaulx-en-Velin . LS sep: 45 LS 1,3

Total du nouveau EYORR RE TUES 143 190 257 = 5

Le 6° arrondissement (Brotteaux), créé par dédoublement du 3, se développe surtout comme quartier de peuplement « bourgeois », très proche du centre, jouissant du voisinage du Parc de la Tête-d'Or. Peu à peu il voit s'élever de vastes et beaux immeubles qui remplacent progressivement les misérables habitations en pisé élevées en maints endroits au début du xix° siècle. L'activité économique est représentée par de petits ateliers travaillant surtout pour satisfaire les besoins locaux (industries polygraphiques: serrurerie, menuiserie, etc.). Les grosses maisons de.

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commerce elles-mêmes s’y installent de plus en plus à partir de 1900.

L'influence de lindustrialisation se fait sentir beaucoup plus dans le 3% arrondissement (Guillotière). Alors que les parties les plus proches du Rhône de cet arrondissement évoluent dans le même sens que les Brotteaux et deviennent des quartiers d’habitation, les usines vont se multiplier, entraînant un accroissement rapide de la population sur le territoire de la Mouche, Gerland, Monplaisir (métallurgie, industries des cuirs et peaux, grosse industrie d’alimentation). Le développement de cette périphérie est largement facilité par les nouvelles voies ouvertes (pont de l’Université, prolongement du cours Gambetta et de l’avenue de Saxe, actuelle avenue Jean- Jaurès), qui deviennent les cadres des nouveaux quartiers (Kleinclausz).

Saint-Fons et Vénissieux sont les prolongements de ces quartiers. Disposant encore de vastes espaces libres et à bas prix au début du siècle, bien desservies par la voie ferrée, ces communes vont abriter la grosse industrie. Saint-Fons sera spécialement adoptée par l’industrie chimique, tandis que Vénissieux abritera surtout la grosse métallurgie.

Villeurbanne présente comme un raccourci de la région lyonnaise et une synthèse de sa production industrielle. Ne comptant pas plus de 5.000 habitants vers 1851, elle a vu le chiffre de sa population doubler en moyenne tous les 20 ans depuis lors, sous la poussée des industries nouvelles qui se pressent

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en grand nombre sur son territoire. Les principales industries villeurbannaises, en 1911, sont les auxiliaires de la soierie : teinture, apprêts, gaufrages. Mais cette spécialité n’exclut pas les activités textiles (tulles) ou des autres ordres (pâtes alimentaires, métallurgie, cuirs et peaux).

Vaulx-en-Velin est encore une commune essentiellement agricole et sa population ne marque à la veille de la guerre qu’un accroissement insignifiant par rapport aux chiffres du milieu du xix° siècle.

D’autres communes de l’agglomération lyonnaise se sont aussi industrialisées et ont vu le chiffre de leur population s’accroître dans de notables proportions : ce sont Pierre-Bénite, La Mulatière, Oullins. Cette dernière ville, qui ne comptait que 5.674 âmes en 1876, en compte 9.085 en 1896 et 12.243 en 1911 (ateliers de constructions de matériel du P.-L.-M.). Quant aux communes qui n’ont pas participé au développement industriel, leur population n’a augmenté que dans des proportions beaucoup plus modestes : de 1886 à 1911, Caluire-et-Cuire passe de 9.854 à 10.877 habitants ; Tassin-la-Demi-Lune de 3.529 à 4.688.

L’IMMIGRATION DANS LE RHÔNE DE 1872 a 1911.

De 1872 à 1911, nous l'avons vu, l'accroissement global de la population du Département est de 246.000 habitants ; dans le même temps le déficit des. naissances par rapport aux décès est de l’ordre de

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41.000. On peut donc évaluer l’excédent de l’immigration sur l’émigration à 287.000 pour cette période. Les excédents varièrent entre 6 à 8.000 par an de 1872 à 1896, puis ils se ralentirent entre 1896 et 1906 (4.000 par an en moyenne) ; de 1906 à 1911, ils reprennent vivement et atteignent pour cette période quinquennale 69.000, ce qui donne une moyenne annuelle de près de 14.000.

Cette immigration n’est pas de provenance étrangère mais vient surtout des départements agricoles voisins. Au recensement de 1911, la population présente dans le Département se répartit ainsi :

Français nés dans le Département du Rhône 532.258 Français nés en France dans un autre dé-

DATÉOMEDÉNE RS RER ere 342.973 Français nés hors de France ............. 3.439 INA IPA ISERE Re nie nl. 4.232 P HANSETS le PI PR: Ru Une à 20.962

FORMANT RP Re | 903.864

L'élément étranger est donc peu nombreux ; par contre l’élément originaire des autres départements français est très important ; sur 1.000 Français nés en France, recensés dans le Département, il y en a 392 qui sont nés hors du Département (la proportion était déjà de 350 0/00 en 1891). Le tableau suivant permet de mesurer les principaux échanges migratoires entre le Rhône et les autres Départements en

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Originaires CHR Départements départements 1

à Rhône en 1911 départements ISÉ Te MARNE 51.900 14.800 LOI MARINE 49,600 19.600 AID 2 020 AN 41.200 12.700 Saône-et-Loire .. 29.200 8.600 Ardèche . . ... 22.000 4.900 Savoie . . ...... 16.000 2.800 Drôme . . ... 13.900 4.400 Haute-Savoie ... 9.000 1.500 Haute-Loire .... 7.900 1.200 JUTA LEURS 8.000 2.000 SEINE 200 PAR 7.600 24.700

Excédent des immigrés par rapport aux émigrés

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