LA REVOLUTION DEMOGRAPHIQUE ET LE PERIL DE LA DEPOPULATION
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La première partie de cette étude nous a montré l'accroissement continu de la population du Département depuis le début du xix° siècle jusqu’à 1931. Parallèle au développement économique de cette époque qui se manifeste singulièrement sous la forme de la concentration industrielle et urbaine, cet accroissement a été tel que la population du Département, qui s'élevait à moins de 300.000 âmes en 1801, en comptait 1.048.000 en 1931, tandis que l’agglomération lyonnaise passait dans le même temps de 120.000 âmes à 750.000 environ.
Nous nous sommes borné à constater dans cette première partie le fait que l’accroissement s’est produit, à partir de la deuxième moitié du xix° siècle, uniquement grâce aux apports de l'immigration (en provenance des régions agricoles du Centre et du Sud-Est, puis, à partir de la guerre, dans une large mesure, en provenance de l'étranger). Nous avons simplement constaté le fait que, à partir de 1875- 1880, la balance des naissances et des décès a été régulièrement et largement déficitaire. En fait, la population du Département, privée des apports extérieurs, non seulement ne se serait pas accrue, mais encore aurait diminué dans de larges proportions. À quoi attribuer cette tendance à la disparition, cette incapacité de se renouveler de la population, alors qu’au début du xix° siècle, au contraire, on assistait
à de substantiels excédents de naissances dans le département du Rhône ? C’est qu’une véritable « Révolution démographique » s’est produite, selon lexpression de M. Landry, bouleversant complètement les anciennes données du problème de la transmission de la vie. Cette Révolution démographique, on peut la constater dans tout le monde civilisé, à un degré plus ou moins accentué. Seuls les groupements humains qui n’ont pas encore été pénétrés par la civilisation occidentale, ne l’ont pas encore subie.
Elle se caractérise ainsi dans le domaine des faits : d’une part la durée moyenne de la vie humaine s’est considérablement accrue depuis cent cinquante ans (par suite de la baisse de la mortalité) ; d’autre part, la fécondité a considérablement diminué. De ces deux faits, qui ont des influences contraires sur l’évolution numérique des populations, c’est le second qui est de beaucoup le plus accusé dans les régions à peuplement urbain accentué.
Nous nous proposons d’étudier (d’abord dans une première section) comment s’est manifestée et se manifeste dans le département du Rhône la Révolution démographique ; quelle est, à l’heure actuelle, la situation et quelles sont les perspectives d’avenir. Allant ensuite (dans une deuxième section) au delà des faits, nous rechercherons les causes du déclin et examinerons si certaines mesures peuvent être utilement prises.