NUL
ques, elle ne se manifestera pas par des événements ou des journées marquant leur date dans l’histoire ; elle se poursuivra au cours des années à un rythme continu et cependant rapide, sans qu’on puisse dire que telle année marque un tournant décisif entre deux époques.
L’ancienne organisation économique, qui ne s'était modifiée que très lentement entre le Moyen-Age et le début du xvurr siècle, était basée essentiellement sur la primauté presque exclusive de l’agriculture. Le paysan d'autrefois trouvait sur le territoire de son village la satisfaction de la quasi totalité de ses besoins, restés très rudimentaires. La production agricole pourvoyait à la nourriture et à la boisson, les objets fabriqués l’étaient le plus souvent par les artisans locaux qui trouvaient sur place la plus grande partie de leurs matières premières : charrons, forgerons, menuisiers, tisserands et tailleurs, cordonniers, bourreliers. Sans doute existait-il des échanges économiques entre régions différentes, mais ces échanges portaient surtout sur des marchandises de prix dont l'usage était réservé presque entièrement aux classes fortunées : épices, tissus fins, livres et imagerie, armes et armures, orfèvrerie, ferronnerie. Lieux d'échanges et de marchés, les villes abritaient en même temps les corporations, dont la production se distinguait de celle des artisans des villages surtout par la recherche de la perfection et du fini dans l'exécution.
Dès le xvr et le xvir siècle, les Rois de France favorisent de toute leur puissance l’établissement en