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Le chiffre d’affaires des autres industries se rattachant à la soierie est tombé très bas en 1800 par suite de l’impossibilité de vendre à l’étranger. Sur 2.000 métiers travaillant en gazes et crêpes en 1788 et faisant un chiffre d’affaires de 5 millions, il n’y en a plus en 1800 que 400 qui travaillent, presque uniquement pour la France. En passementerie le nombre des métiers en activité est tombé de 2.700 à 300, la concurrence de Saint-Chamond et de Saint-Etienne étant pour beaucoup dans ce déclin. Pour les galons, au lieu de 30 maisons faisant 10 millions d’affaires en 1780, il n’en subsiste plus que 10 faisant 2 millions. La broderie, qui occupait 6.000 individus avant la Révolution, n’en emploie plus que 600 ; elle a particulièrement souffert de la disparition « du luxe religieux et des fastes de la cour ». Sur 20 maisons de tirage d’or faisant un chiffre de 10 millions, il n’en reste plus que 5 ou 6 faisant à peine 1 million.
Les fabriques de chapeaux n’occupent plus que 1.500 ouvriers à peine au lieu de 8.000 vingt ans auparavant ; elles souffrent notamment de l'arrêt des exportations vers l'Italie, l'Espagne et l'Amérique du Nord. Une industrie particulièrement touchée est l'imprimerie, car on n’achète plus de livres de théologie ou de jurisprudence.
Dans la plus grande partie de l’arrondissement de Villefranche, la terre est si infertile qu’elle nourrirait difficilement le sixième des habitants. Le tissage de la toile de coton ou de fil apporte aux habitants un moyen d’existence ; mais là encore, la fabrication a diminué d’un tiers environ depuis 1789.
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Les manufactures nouvelles. — Quelques manufactures nouvelles sont signalées par le Préfet Verninac ; elles méritent de retenir l’attention car, fait notable, elles ont un caractère nouveau, celui de la concentration. Telle est la manufacture d’indiennes de Vernaison : cette manufacture traite l’impression à façon des étoffes de coton. Elle emploie 144 ouvriers. Le chiffre d’affaires s’élève à 200.000 francs, dont 100.000 francs vont en salaires aux ouvriers, 50.000 francs servent à payer les couleurs et matières premières ; tout le reste, soit 50.000 francs, est bénéfice net pour le propriétaire qui est le bienfaiteur de sa commune. À Lyon et à Saint-Genis-Laval, cinq manufactures de papiers peints font ensemble 250.000 francs d’affaires et laissent 40 % de bénéfice net au manufacturier. À Neuville, le sieur Baroud a une filature de coton qui occupe 800 femmes et enfants dont les salaires atteignent de 15.000 à 20.000 francs par mois. Il traite un chiffre d’affaires de 800.000 francs ; quand il a déduit 400.000 francs pour les achats de matières premières et 200.000 francs pour les salaires, il lui reste 200.000 francs pour l’amortissement de son matériel et son profit personnel. Deux autres manufactures similaires à Lyon et Neuville fournissent du travail à 370 femmes et enfants et à 220 prisonniers.
Enfin, le Préfet signale deux verreries, à Givors et à Pierre-Bénite, dont l’exploitation est en veilleuse, mais qui « pourraient être relevées par la paix et la baisse de l'intérêt de l’argent ». À la Vitriolerie, une manufacture de vitriol fabrique chaque jour trois
quintaux de ce produit. D’autres manufactures de produits chimiques ou pharmaceutiques avaient été établies dans le même quartier avant la Révolution et leur installation avait coûté 800.000 francs, mais leur exploitation est arrêtée.
La population. — Nous voyons donc, par ce tableau, qu’au début du xix° siècle, le Département du Rhône était loin de présenter un caractère industriel nettement marqué. La population compte au recensement de l’an VIII (1801) 299.656 âmes qui se répartissent ainsi :
Hommes mariés ou veufs .......... 63.862 Femmes mariées ou veuves ....... 71.460 CArcONndeNouSs Ares ve TT CRC 2 72.701 Filles de'tous âges ....::..:,.712. 87.935 Défenseurs de la Patrie ........... 3.698
Il faut attribuer en grande partie à la conscription la disproportion entre les populations masculine et féminine au profit de cette dernière.
La ville de Lyon compte alors 109.500 habitants et ses faubourgs ne sont encore que peu peuplés : la Guillotière compte 5.972 âmes, la Croix-Rousse 4.530, Vaise 2012. L’arrondissement de Lyon contient 199.000 habitants, environ les 2/3 de la population du Département, celui de Villefranche 100.000.
En résumé, le Département esf encore bien loin de présenter alors le caractère très net de concentration urbaine qu’il devait acquérir par la suite. Lyon ne représente encore guère plus du tiers de sa population totale.