CHAPITRE III
LE MOUVEMENT DE LA POPULATION AU POINT DE VUE DE LA REFUTATION DE MALTHUS
La progression géométrique. — Calculs fantaisistes sur les accroissements probables de la population basés sur la progression géométrique. — Caractère exceptionnel de l'accroissement de la population en ce siècle : il doit se ralentir et déjà se ralentit. -- Les grands accroissements de la population aux Etats-Unis, en Australie. Importance de l'immigration des adultes. Accroissement simultané des subsistances. — Accroissement de la population et accroissement de la prospérité vont de pair. — Qu'il n'y a pas lieu de craindre que le développement de la population devienne excessif. La conciliation des problèmes : le travail fécondant et rémunérateur.
" Nous pouvons tenir pour certain, dit Malthus, que lorsque la population n'est arrêtée par aucun obstacle, elle va en doublant tous les vingt-cinq ans, et croît de période en période selon une progression géométrique, n
A la durée de la période de doublement, nous n'attachons point grande importance. Maltlius n'a cité ce chiffre de vingt-cinq ans que comme un maxi-
mum de durée \ Même considéré comme minimum, il est inadmissible. Mais nous le répétons, il importe peu.
C'est à un autre point de vue que nous voulons rediercher s'il est possible de préciser la portée de la première loi deMalthus. Nous savons qu'il s'agit, non de l'accroissement de fait, mais de l'accroissement de la population tel qu'il se produirait, s'il n' était entravé par le manque de subsistances. L'accroissement " tendantiel r, devient l'accroissement réel lorsque, par extraordinaire, l'insuffisance des subsistances n'y fait pas obstacle. Mais de quelle sorte de tendance s'agit-il ici ? D'une tendance purement physiologique, nous l'avons vu. Or, l'homme que Malthus envisage, l'homme animal, est bien différent de l'homme raisonnable, vivant en société, dans une société où non seulement la production des bras est réglée par la demande de ceuxci et subit l'influence des frais de production ^, mais où de plus, l'exercice des facultés prolifiques s'accomplit selon les prescriptions de la législation civile et religieuse. En établissant quelques distinctions, on verrait bien vite combien les généralisations de Malthus sont prématurées, car elles ne s'appliquent ni au civilisé ni au sauvage ; ni à l'occidental, ni à
1 Pour Malthus, la population tend à doubler en vingt-cinq ans, et même plus vite. Si rien ne fait obstacle à l'expansion de la population, la durée de la période de doublement sera plus courte.
2 On a vu dans quelle mesure nous admettons la théorie en question.
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l'oriental ; ni au chrétien, ni au turc. Ce n'est pas répondre aux critiques que de dire : l'état de l'humanité qu'envisage Malthus, c'est un état hypothétique d'où seraient bannis la guerre, le crime, les maladies, tous les vices et tous les maux... Cet étatlà est essentiellement utopique. Bien plus, un tel argument est un aveu : l'aveu que la démonstration de la progression géométrique parles faits est impossible. Et sans cette démonstration la théorie est vaine \
Quant aux faits, que prouvent-ils ? C'est qu'à certains moments la population reçoit une forte poussée, un développement rapide ; qu'à d'autres moments elle subit des périodes de ralentissement ou même d'arrêt ; qu'enfin il est des périodes où elle décroit. Et ce qui est vrai dans le temps est vrai dans l'espace. Autant de pays, autant de taux différents d'accroissement — comme aussi : autant de périodes observées pour un même pays, autant de taux différents d'accroissement ou de ralentissement.
^ N'y a-t-il pas contradiction à reconnaître que la progression géométrique est l'indication d'une tendance, et à prétendre néanmoins que la théorie de Malthus est sans valeur, si elle n'est pas confirmée par les faits ? — Nous râponions : comme constatation d'une tendance physiologique, la progression géométrique est moins vrai3 pour l'homme que pour les autres êtres vivants. De plus elle est vaine, ainsi que l'a fait observer très justement M. Leroy-Beaulieu, parce qu'étant sans application du moins universelle dans le passé comme dans le présent, il se trouve qu'elle n'a pas plus à' importsince pratique qu'elle ne renferme de vérité théorique.
Et de fait, rien n'est plus curieux que les résultats auxquels arrivent les démographes qui se complaisent à prophétiser. Le D^" Bertillon a raillé agréablement ces auteurs qui " prédisent dans combien de temps la France aura doublé sa population, dans combien de temps il n'y aura plus personne en Irlande, etc. Ces prédictions varient d'ailleurs avec l'époque à laquelle elles sont faites : en 1821-31, il ne fallait que cent et un ans à la France pour doubler sa population, tandis que trente ans plus tard, en 1846-51, il lui fallait trois cent quatorze ans ; et ce qui est remarquable, c'est que les deux prédictions sont mathématiquement vraies l'une et l'autre ^ . n
M. Loua, calculant le taux d'accroissement de la population de l'Irlande, d'après les chiffres de 1872 à 1875, trouvait, au contraire qu'elle doublerait en cent treize ans ^ Le même statisticien, en se basant sur les chiffres de 1831-71, établit entre autres ces périodes effectives de doublement : pour la Saxe, quarante-neuf ans ; pour la Belgique, cent quatorze ans.
Pendant combien de siècles croit-on que la période indiquée pour la Belgique, puisse être vraie ?
Supposons que sa population, qui est de six
^ Encyclopédie d'hygiène, t. P"", p. 140. 2 Économiste français, 11 novembre 1876.
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millions d'habitants, double seulement en cent ans ^ :
Elle serait de 12,000,000 en l'an 2000.
Ce dernier chiffre est supérieur à celui de la population actuelle de l'Europe (350 millions environ) !
Yoilà où conduirait la progression géométrique. Généralisez à présent : étendez ce calcul à la population totale du globe, et supposez que le doublement ne se fasse qu'en trois cents ans. Mais appliquez les principes : vous arrivez au bout de neuf siècles aux résultats les plus stupéfiants. Si l'on veut bien considérer, au contraire, non les hypothèses, mais les faits, qu'observe-t-on ? L'Europe qui a 10 millions de kilomètres carrés de superficie, c'est-à-dire la treizième ou quatorzième partie des terres émergées, a 350 millions d'habitants, soit un quart environ de la population totale du globe. Les deux Amériques, qui ont 41 ou 42 millions de kilomètres carrés en superficie, n'ont que 112 millions d'habitants (chiffre de 1886). Que de siècles il faudra pour peupler le
' Le calcul étant absolument chimérique, nous prenons ce chiffre, d'ailleurs plus fort que le chiffre indiqué par M. Loua pour la période de 1872-75. Si le taux d'accroissement observé pour ces années se maintenait, la période de doublement serait de quatre-vingt-quinze ans, d*aprèsM. Loua.
globe comme l'Europe, et comme certains pays d'Europe !
Sans doute au congrès d'hygiène tenu à Vienne, au mois d'octobre de l'année 1887, M. von Inama Sterneg, président de la Commission centrale de statistique de l'empire d'Autriche, constatait que la population de l'Europe avait doublé depuis soixante-dix ans. Mais il faut remarquer que les accroissements de population en ce siècle sont absolument exceptionnels, et dus au développement — lui-même exceptionnel — de toutes les branches de l'activité humaine. Si confiants que nous puissions être dans les progrès de l'avenir, nous croyons que ni la production ni la population ne croîtront géométriquement. Déjà la demande de bras s'est considérablement ralentie, et la démographie constate que les mouvements généraux de la population ont une tendance au ralentissement.
La fécondité de l'espèce humaine n'a pas en réalité les caractères d'exubérance que Malthus lui attribue. Pour s'accroître, une population doit se composer de ménages de cinq personnes en moyenne. Les parents doivent avoir trois enfants pour que la population répare ses pertes ; il semble même qu'il faille dire trois enfants vivants. Si certaines familles en ont plus, combien en ont moins ! Sur ce point comme sur bien d'autres Malthus s'est trompé : il ne voit que le couple auteur. Il ne voit pas qu'en additionnant les descendants de ce groupe à la qua-
trième ou cinquième génération, en faisant la différence entre ce nombre et le nombre 2 du point de départ, en concluant que la progression géométrique est normale, il s'est radicalement trompé, tout aussi bien que celui qui, partant du même couple, et remontant l'éclielle des générations au lieu de la descendre, dirait : pour augmenter la population d'une unité, il a fallu l'union de deux personnes, de même il a fallu un couple pour procréer chacune d'elles, deux autres couples pour procréer chacun des auteurs de ce dernier couple, etc. — et conclurait que la population décroît selon une progression géométrique descendante.
Henry George a fort bien mis ce point en relief. « Un accroissement de descendants ne prouve pas un accroissement de population, dit-il. Smith et sa femme ont un fils et une fille qui respectivement épousent la fille et le fils de quelqu'un d'autre, et ont chacun deux enfants. Smith et sa femme auront ainsi quatre petits-enfants, mais cela ne fera pas une génération plus nombreuse que l'autre, chaque enfant ayant quatre grands-parents. En supposant que cela se renouvelle, les descendants finiront par être des centaines, des milliers, des millions ; mais dans chaque génération de descendants, il n'y aura pas plus d'individus qu'il n'y en avait dans une génération quelconque d'ancêtres. Le tissu des générations est comme une toile où les fils sont en treillis ou en diagonales. En commençant à un point quelconque
du sommet, les yeux suivent des lignes qui, à la fin, divergent considérablement ; mais en commençant à un point quelconque de la fin, les yeux suivent des lignes qui divergent de la même façon vers le sommet \ n
Depuis un siècle, la population des États-Unis de l'Amérique du Nord s'est augmentée selon une progression géométrique, la période de doublement étant de vingt-cinq ans. Grâce à un texte de la Constitution fédérale (art. P^', sect. II) relatif à la levée de l'impôt, on possède les recensements depuis 1790. La population était alors de 3 à 4 millions d'habitants. Elle doit atteindre, dépasser même aujourd'hui, le chiÉre de 60 millions. La puissance prolifique de l'humanité n'en est-elle pas péremptoirement démontrée? Sans doute, mais non la thèse de Malthus, car le développement de la population aux États-Unis est exceptionnel et d'ailleurs n'est pas dû à la seule progéniture des trois ou quatre millions d'habitants de 1790.
" La population de l'Amérique du Nord (États- Unis), dit Eossi, a doublé plus d'une fois en moins de vingt-cinq ans : évidemment ce qui est arrivé en Amérique pourrait arriver partout ^ n Évidemment, dirons-nous, ce qui est arrivé en Amérique ne pour-
ï Progrès et pauvreté. Traduction Le Monnier, p. 105 de l'édition de 1887, Guillaumin.
^ Introduction à V Essai, p. xxxvi.
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rait point arriver partout. D'ailleurs dans les pays neufs — Ad. Smith l'observe pour les colonies anglaises de l'Amérique septentrionale, c'est-à-dire pour les modernes États-Unis — « une nombreuse famille d'enfants est une source d'opulence et de prospérité pour les parents. Une jeune veuve avec quatre ou cinq enfants est là le plus souvent un parti reclierclié comme une espèce de fortune, n
A ces causes d'expansion, toutes locales et temporaires, ajoutez l'immigration : de 1820 à 1878, dix millions d'immigrants (10,000,000) sont venus s'établir aux États-Unis, et c'étaient presque tous des adultes en âge de procréer. Et, de la population totale, il ne suffirait pas de déduire le nombre total des immigrants pour bien se rendre compte de la part qui revient aux Américains d'avant 1790 dans le développement de la population : il faudrait déduire aussi tous les descendants des immigrants, statistique impossible à dresser, notamment à cause des alliances entre les anciens et les nouveaux habitants. Mais les statistiques nous renseignent suffisamment pour qu'il soit indubitable que la seule natalité n'a pu produire l'accroissement de la population.
Godwin, celui-là même dont le livre avait déterminé Malthus à écrire V Essai — dans une réfutation qu'il fit à son tour de Maltbus — « démontra que, dans les villes des États-Unis que ne vient pas couvrir le flot des immigrants, la proportion des naissances aux mariages est moindre qu'en Europe.
Il démontra aussi que le rapport des enfants aux adultes était moins considérable qu'en Angleterre, ce qui indiquait que l'accroissement ne venait pas de la procréation ^ v .
Pas n'est besoin, croyons-nous, d'expliquer pourquoi l'Amérique attirait les colons ; une seule chose étonne, c'est qu'ils n'aient pas procréé davantage. L'une des causes du fait, c'est l'immigration même, et surtout l'immigration des gens de couleur qui répondait à la demande de bras.
Pour qu'il j eût argument à tirer du développement de la population des États-Unis, il faudrait démontrer que l'accroissement des subsistances a été insuffisant : or, les subsistances ont été fournies abondamment par le sol des États-Unis, et ont crû plus vite que la population, immigrants compris, puisque les États-Unis sont le grand pays exportateur des blés ! La progression de la production des subsistances y a été plus que géométrique. Peut-être objectera-t-on que le pliénomène est seulement passager. Nous verrons plus loin que l'argument n'est pas sans réplique.
Bien plus rapidement encore que la population des États-Unis a crû la population blancbe de l'Australie : elle était de 1030 habitants en 1788— de 2,704,227 en 1886. La population actuelle, après un siècle, n'est pas à la population initiale comme 16 est à 1
1 Revue Britannique de 1846, t. I®'*, p. 410.
(ce qui devrait être selon la progression établie par Maltlius), mais comme 2625 esta 1. Oh est le miracle ? Dans l'accroissement de la population ? Nullement. Pour Maltlius, il serait évidemment dans l'augmentation des subsistances. Pour nous, nous ne nous étonnons pas, puisque nous savons que la population influe sur la production des subsistances. Le fait s'est produit en Australie, où les exportations de productions alimentaires (notamment l'exportation du bétail) croissent à mesure que la population augmente.
Ce sont là des pays neufs, dira-t-on. Mais pourquoi Maltlius a-t-il fait choix de l'Amérique pour prouver sa thèse ? C'est à lui qu'on devrait adresser le reproche. Pour nous, nous trouvons tout naturel qu'on colonise : il y a place sur le globe pour un nombre infini d'habitants, et il est naturel que l'humanité prenne successivement possession des diverses parties de son vaste domaine.
D'autant plus que, selon la belle expression de Thiers : " Partout où l'homme paraît, l'herbe pousse, le grain germe. « Il faut donc retourner l'aphorisme classique en matière de population, qui dit : « Partout où pousse un épi, naît un homme, n
Nous croyons donc ne pas verser dans un optimisme déraisonnable en adhérant à ces vues de M. Leroy-Beaulieu : " Il est beaucoup de gens, et c'est là l'opinion des hommes d'État en général et du vulgaire, qui regardent tout accroissement de po-
pulation comme une force pour un pays ; l'excédent notable des naissances sur les décès est, à leurs yeux, à la fois un signe de prospérité présente et un gage de prospérité future ; ce sont de nouvelles intelligences, de nouveaux bras qui viendront accroître un jour le travail national et lui donner plus d'expansion \ «
Il y a d'autant plus de raisons de partager cette manière de voir, que si " l'excès en tout est un défaut » , il n'est guère à craindre ici, les statistiques des divers pays enregistrant une tendance au ralentissement de la population. Ainsi sera obtenu un résultat excellent au point de vue de la prospérité générale ; car nous le reconnaissons avec M. Leroy- Beaulieu : " Ce qui importe, c'est que la population n'augmente pas dans une proportion supérieure ni même égale à l'augmentation des capitaux, et à l'accroissement de la productivité du travail humain par suite des découvertes industrielles ; mais il est bon qu'elle s'accroisse légèrement en deçà de cette limite extrême. La civilisation n'a pas à s'effrayer de cet accroissement que nous appellerons normal ; elle y trouve des ressources considérables ; elle ne peut, en effet, se passer de bras et d'intelligences, et plus elle progresse, plus elle a besoin d'intelligences et de bras ; or, une progression légère et régulière dans la population d'un pays vient satisfaire à ces
^ De la colonisation chez les peuples modernes, p. 608.
exigences toujours croissantes d'une civilisation avancée en lui fournissant sans cesse plus de capacités et de forces humaines. «
La population n'ira-t-elle pas au delà ? Non : les accroissements de ce siècle sont anormaux : " L'augmentation de la population, a dit Turgot, est, selon l'ordre de la nature, bien moins prompte que celle delà production \ „
Nous ne saurions donc souscrire à cette affirmation de M. Courcelle-Seneuil, qu'il tient pour le premier ressort du progrès social : « Les hommes, dit-il, augmentent plus facilement le nombre de leurs enfants qu'ils n'augmentent les moyens de satisfaire leurs désirs. En fait, partout, même en France et de notre temps, l'accroissement si lent de la population est plus rapide que celui des moyens de vivre. On se révolte chaque fois que cette proposition est formulée, si bien que ceux mêmes qui en connaissent l'exactitude n'osent pas l'énoncer. Cependant on ne peut nommer encore aucune société humaine où la misère et les privations n'abrègent la vie d'un grand nombre d'être humains et particulièrement d'enfants du premier âge ^. w
Peut-être ces faits n'ont-ils pas toute la portée démonstrative que leur attribue le savant économiste ; car en quoi prouvent-ils que la multiplication
1 Septième lettre sur la liberté du commerce des grains.
2 Préparation à V étude du droite p. 191.
des hommes soit cause des famines ou des cas de décès faute de nourriture ou de soins ? S'il est un fait bien démontré, au contraire, c'est que plus une société humaine est restreinte, plus elle est exposée à ces maux !
" On avait remarqué bien avant Malthus, dit encore M. Courcelle-Seneuil, que sur tous les points de la terre oii il j avait quelque chance de développement pour une vie, même difficile, on trouvait des hommes. « On a remarqué depuis Malthus que des millions d'hommes vivent dans une prospérité relative là où quelques milliers d'Indiens sauvages et nomades ne parvenaient qu'à grand'peine à trouver leur nourriture.
Concluons avec un économiste célèbre : « Une population compacte n'est pas seulement le signe du développement des forces productives énergiquement employées, elle constitue par elle-même une force productive d'une grande puissance, elle agit de la manière la plus féconde pour aiguillonner et pour faciliter l'application de toutes les autres
" Pour soumettre le monde terrestre à l'homme, il a fallu que Dieu armât de plus d'énergie la faculté de reproduction de l'espèce humaine que la fertilité de sa patrie primitive \ n
Nous sommes ramenés ainsi à notre point de
1 Roschor. Principes d'économie politique, t. II, p. 329 de l'édition de M. Wolowski.
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départ dans l'étude de Maltlius : c'est par l'observation de la loi naturelle du travail que se résolvent la question de la population et celle des subsistances. Il nous reste à voir quelles ressources immenses la féconde nature tient en réserve, prête à les livrer pour prix de l'effort de l'homme.