‹ La porte de félicité: romanChapitre 24 sur 34 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

La Messagère.

Tandis que les derniers accords de la marche turque, sautillante et martiale, mouraient au loin, une jeune fille, qui s'était mêlée aux curieux, pour voir l'escorte du Commandeur des Croyants, se dirigea vers la maison de Mourad. Elle serrait contre son sein un petit paquet noué de rubans roses, et marchait avec un peu d'hésitation, cherchant la porte particulière du haremlike.

Après avoir encore attendu quelques minutes, elle se décida à annoncer sa présence à l'eunuque de garde en frappant un léger coup contre l'huis.

Soab, aussitôt, parut dans l'encadrement.

— Que désirez-vous, demanda-t-il avec méfiance,

— Je voudrais montrer à votre maîtresse, Aïché Hanem, des étoffes brodées dont elle a fait choix.

L'eunuque, avec un mauvais sourire, pria la vendeuse de le suivre, et la guida vers l'appartement d'Ikmel, qui depuis une semaine, attendait cette visite.

La petite Zekkié, pourtant, ne reconnaissait point l'amante de Michaël au portrait qu'il lui en avait fait.

La kadine, quoique belle, ne rappelait nullement les contours fins et harmonieux d'Aïché.

Zekkié se recula donc craintivement, au lieu d'obéir au geste engageant d'Ikmel, qui lui faisait place auprès d'elle sur le divan.

' — Flambeau suave des têtes voilées ! murmura la petite courtisane, je désirerais parler à Aïché Ilanem, la favorite de son Excellence Mourad pacha.

— Je suis Aïché, déclara Ikmel avec assurance...

— Pourtant, l'on m'avait dit...

— Que t'avait-on dit, petite?...

— J'apporte des gorgerettes et des vestes brodées qui ne vous iront guère...

— Pourquoi donc?

— Parce qu'elles sont taillées pour une personne de taille plus étroite et de poitrine moins opulente...

— En vérité...

— Je vais donc, si vous le permettez, chercher d'autres modèles.

— Montre-moi toujours ceux que tu as apportés. Zekkié rougit fortement. En réalité, elle avait pris

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Elle luisait un pas vers la porte, mais la kadiiH' lui haria 1<! passa^ (P. 215.)

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