‹ La porte des humbles, 1915-1917Chapitre 139 sur 146 · Dimanche. — Messe à 8 heures avec Jeanne · texte numérisé non relu

Dimanche. — Messe à 8 heures avec Jeanne

Le soir, Auric étant venu, je me décide à faire une lecture et j'en suis récompensé par l'enthousiasme de mes auditeurs. Nos amis semblent transportés, et moi-même je vois pour la première fois, avec une extrême intensité, l'importance des premiers chapitres dont je n'étais pas absolument sûr. On se sépare après 10 heures sur ces* impressions.

Octobre.

1. — Journée triste employée uniquement à la lecture du Feu dont j'ai hâte de me débarrasser pour entamer un nouveau chapitre.

La peine de l'âme est grande. Depuis quelque temps, le secours qui venait si exactement quand on était en détresse, se fait attendre, devient très incertain et l'augmentation du prix de tout ce qui est nécessaire à la vie est une angoisse de tous les jours. On est tenté de craindre que le miracle constant qui nous

soutient depuis des années ne s'interrompe, Dieu retirant sa main.

En même temps, Véronique nous inquiète.

La pauvre enfant est malade presque tous les jours et nous ne savons que faire. Les plus belles années de sa jeunesse se seront passées ainsi. Le chagrin m'accable quand j'y pense.

2. — Après-midi travail. Le chapitre sur le livre de Barbusse est réalisé en grande partie.

Après dîner, musique de Madeleine et de Souberbielle.

La crise du silence continue. Aucune lettre importante n'arrive.

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